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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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LAINE.

laine. Lorsque ces subsides en laines devaient être levés, on avait soin dempêclierquelles pussent être vendues; une proclamation défendait,. « à qui que ce fin,dacheter aucune laine avant que la part du roi fût faite, et tous les préposés étaienttenus dy veiller (1). » Dans une occasion, le roi ayant résolu dexporter 20,000 sacspour son propre compte, son parlement servile déclara que, pendant ce tems, per-sonne ne pourrait exporter aucune espèce de laine sous peine de mort!

Telle était la protection accordée au commerce des laines par les gouvernemensde cette époque. Laccroissement du pouvoir populaire mil quelque frein aux exac-tions du prince sous les règnes suivans; mais on trouve encore peu de justice et deprincipes libéraux dans la législation dalors. Les sociétés et corporations jouissantde privilèges exclusifs se multiplièrent, et créèrent ainsi des monopoles dans toutesles branches du commerce des laines; les négocians étrangers étaient traités avecinjustice et jalousie, et des restrictions étaient mises sur toutes les parties de la fa-brication. Cependant, les manufactures de laines du pays continuèrent a s étendre;mais ce ne fut que sous le règne de Henry Vil (2) quelles furentassez prospères pourcommencer à faire quelques exportations de draps. On peut voir, d ailleurs, par lesstatuts qui furent enregistrés avant comme après cette époque, quelle faible parteutla sagesse des lois à cet heureux résultat. Certaines villes et districts étaient fré-quemment en possession du droit de fabriquer et de vendre, à 1 exclusion de toutautre, certaines espèces de tissus. Un acte de Henry VIII déclare que la filature deslaines lisses est « la propriété particulière)» de la cité de Norvvieh et du comte deNorfolk; et quen conséquence, « celte sorte de marchandise ne pouvait être trans-portée, ni embarquée pour être transportée, ni achetée, ni mise en vente par au-cune personne autre que les tisserands de ladite cité ou du comté. » Un autre acterapporte que « la cité dYork a joui précédemment du droit de faire et de tisser descouvertures, sans que cette fabrication eût lieu dans aucune autre partie du comté;que depuis peu elle sest répandue dans dautres localités dudit comté, au préju-dice de la ville dYork; » et, en conséquence, «ordonne quil ne soit plus fait decouvertures dans le Yorkshire que par les habitans de la cité dYork. » Un acte dumême prince fait revivre danciennes lois contre les clôtures; et un autre, limite lenombre de moulons que chaque particulier peut entretenir, dans le but, y est-il dit,de soutenir le prix de la viande et des denrées dhabillement. Par un acte de Guil-laume et Marie, il est ordonné que tout drapier dun bourg, ville à marché ou àcorporation, ne pourra avoir plusieurs métiers; que ceux qui habitent une cité nenauront pas plus de deux, et que tout tisserand ne pourra être en même tems apprè-

(1) Smith, Mémoires sur la laine.

(2) A la fin du XV e siècle.

R.