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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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LAINE.

leur, foulon ou teinturier, non plus que tout foulon et apprêteur ne pourra avoir unmétier à tisser; que. toute espèce de draps blancs et larges ne pourra être faite ail-leurs que dans une cité ou dans les lieux où l’on fabriquait ces sortes de draps dix ansauparavant; qu’aucun tisserand habitant hors d’une cité ne pourra avoir en mêmetems plus de deux apprentis; et qu’à l’avenir personne ne pourra s’établir marchandou tisserand, s’il n’a fait son apprentissage ou exercé déjà la même profession de-puis sept ans. Malgré l’absurdité de ces lois, et de la plupart de celles de cette épo-que, le commerce et les manufactures de laines firent des progrès constans, et de-vinrent l’une des principales sources du pouvoir et de la richesse nationale, sous lerègne glorieux d’ÉuzABETii.

Avec l’accroissement progressif de l’exportation des produits manufacturés, quiavait eu lieu sous les règnes précédens, l’exportation de la laine brute avait gra-duellement diminué, et devenait chaque jour d’un produit plus insignifiant, jpourfournir aux besoins des princes. Élizabeth, avec une prévoyante sagacité, leva lesprohibitions d’exportation qui frappaient les laines brutes, et, par ce moyen, touten soutenant les manufacturiers, elle encouragea les producteurs de laines indi-gènes, en leur permettant de chercher, pour leurs produits, le marché le plusavantageux. Cette habile mesure produisit les plus heureux effets, et tandis quel’histoire des autres contrées ne présentait que les événemens les plus déplorables,l’industrie manufacturière de l’Angleterre recevait une vigueur nouvelle.

Lorsque Ciiarles-Qüint réunit à son magnifique empire la souveraineté des Pays-Bas, comprenant alors les provinces hollandaises, les doctrines de la Réforme, sibien en harmonie avec le génie d’un peuple sobre et calculateur, avaient fait d’im-menses progrès dans la contrée, et là, comme ailleurs, ce prince employa toute sonautorité à comprimer les progrès de cette hérésie. Chaules, malgré sa puissance, neput réduire ces provinces à l’obéissance, et Philippe II , son fils, compléta leur ruine.Les peuples que les courtisans désignaient, par mépris, sous les noms de Gueux ouMendions, prirent, avec une amère ironie, une besace et un bâton pour armes deleur confédération, et luttèrent avec avantage contre leurs oppresseurs. Une guerrecivile s’ensuivit; guerre horrible par le carnage impitoyable, les confiscations et lesexécutions judiciaires auxquels elle donna lieu, et qui se termina par la soumissionde dix provinces et l’indépendance de sept autres, qui, sous le nom des Sepl-Pro-vinces-Unies, ou République de Hollande, devinrent l’une des plus puissantes na-tions de l’Europe . A la mort de Philippe , en 1598, les provinces subjugées jouirentd’un peu de repos; mais leur commerce était détruit, et toutes leurs industries endécadence. Pendant quarante ans de guerre et d’anarchie, une foule d’artisans émi-grèrent avec leurs familles, et vinrent particulièrement en Angleterre, où on lesaccueillait avec sympathie et faveur. On suppose que cinquante mille environ de