LE MOLTON.
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RACE KOMNEY-MAKSIf.
souvent répétée que la nouvelle race donne moins d’agneaux que l’ancienne, ne pa-raît pas très-fondée; il est vrai que, en général, toutes les variétés grossières debrebis sont meilleures nourrices et plus prolifiques que les variétés plus amélio-rées, lorsqu’elles sont soumises au môme régime; mais en ce qui est particulieraux Romney-Marsh, il n’est pas possible, à ce qu’il semble, de les classer parmi lesraces qui donnent beaucoup d’agneaux et sont bonnes nourrices. Loin delà, il n’va peut-être pas, dans tout le royaume, de brebis qui aient le part aussi laborieux etqui soient aussi disposées à abandonner leur agneau que les Romney-Marsh. Quanta cette assertion que l’ancienne race convient mieux que la nouvelle au climatlempestueux du marais, et qu’elle se préserve elle-même contre les fossés à cielouvert dont le pays est entrecoupé, on doit remarquer que, s’il y a quelque chosede vrai dans le fait énoncé, il y a plus d’erreurs encore que de vérités. La raceDishlcy s entretient avec facilité dans des situations beaucoup plus froides et plusexposées que le Romney-Marsh, qui possède le climat le plus doux de toute l’An-gleterre. On peut admettre que la race Romney-Marsh se préserve mieux des acci-dens que peuvent occasioner les fossés ouverts, sillonnant le pays, qu’une race na-turalisée dans une situation différente; mais ce danger lui-même devrait être pré-venu par un système convenable de clôtures, et non invoqué comme un argumentcontraire à l’adoption d’une race supérieure. Enfin, fallût-il admettre le fait que larace du pays est plus apte qu’aucune autre à subsister sans nourriture artificielle etsans abris, nous n’y verrions point un argument contraire à l’introduction d’unerace supérieure, mais seulement une forte raison pour adopter un meilleur systèmed’entretien des animaux. 11 n’est pas possible de révoquer en doute les avantagesnotables qu’a produits le sangRishley chez les moutons Romney-Marsh; cependantles éleveurs de ce pays peuvent aujourd’hui se complaire à penser que ces animauxsont supérieurs à la race importée; leur opinion sera sans inconvéniens, s’ils ont lebon esprit d’éviter ses conséquences fâcheuses, en choisissant, dans leurpropre sou-che, sur un modèle convenable, les individus les meilleurs pour la reproduction.La longue et constante erreur des éleveurs du Kent résultait de la prédilection qu ils
seul animal, sert de base à ce jugement, et par la généralisation d’un fait individuel causé par un acci-dent de régime ou autre, ils proscrivent une race qui n’est pas solidaire du fait observé par eux. I) autresfois, enfin, un détestable mercantilisme, qui, Dieu merci, s’affaiblit généralement, porte certains bou-chers à dénigrer une raie nouvelle, qu’ils estiment beaucoup, afin d’exploiter usurairement l’ignorancede l'éleveur et de leurs confrères à cet égard. C’est surtout dans les petites villes que ces écueils sont aredouter, et il importe beaucoup aux éleveurs de lutter avec persévérance contre les obstacles qu ils op-posent au perfectionnement rationnel du bétail. Le concours de Poissy , et les études de boucherie quil’ont complété cette année, jetteront, il faut l’espérer, un grand jour sur toutes ces questions, et donne-ront à cette fête agricole une utilité vraiment natio'nale.