LE COCHON.
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COCHON SAUVAGE.
rition de la Grande-Bretagne n’a pas été déterminée. Charles I or essaya de réta-blir ces animaux dans la Nouvelle-Forêt (N.ew-Forest) ; mais tous ceux qu’on lais-sait libres dans ce dessein furent détruits pendant les guerres civiles.
Les forêts des autres contrées de l’Europe , telles que la Russie , la Pologne , l’Al lemagne et l’Espagne , contiennent encore des sangliers, ainsi que leurs ennemisperpétuels, les loups. On les chasse avec des armes à feu, ou par l’ancienne mé-thode de la lance à sanglier et la poursuite par les chiens. Les Allemands ont con-servé à un haut degré leur amour pour cet exercice, et c’est l’occupation favoritedes seigneurs de ce pays, auxquels ce droit de chasse est réservé par des lois ri-goureuses.
C’est un fait aussi curieux au point de vue physiologique qu’à celui de l’histoirenaturelle, de voir les grandes et rapides modifications que subissent, dans la domes-ticité , les mœurs, le courage et la force du sanglier. Les jeunes marcassins que l’onprend dans les forêts deviennent presque aussi dociles que les cochons apprivoisés,et, en une seule génération, ils perdent toute la férocité qui distingue leur espèce.Leurs formes elles-mêmes subissent d’incroyables modifications, et dans les cir-constances nouvelles où ils se trouvent, ils perdent tout naturellement les carac-tères qui les appropriaient à leur vie sauvage (1).
Entre autres modifications de ce genre, on remarque les suivantes : Les oreillesdeviennent moins mobiles; les formidables défenses du mâle diminuent; les mus-cles du cou, moins exercés, se développent moins, et la tête est plus inclinée; ledos et la croupe s’allongent; le corps est plus gros; les membres plus courts et moinsmusclés; enfin, l’anatomie démontre que l’estomac et le canal intestinal sont deve-nus plus étendus. Avec l’agrandissement du tronc, les animaux perdent nécessaire-ment leur vivacité naturelle, et leurs habitudes et instincts semblent se modifier enmême tems que leur corps. Ils deviennent plus gourmands et leur tendance à l’obé-sité augmente proportionnellement. Ils perdent l’habitude de sommeiller le jour etde prendre leur nourriture exclusivement la nuit. Le mâle ne cherche plus à s’iso-ler de ses compagnons, et la femelle fait des portées plus fréquentes et plus nom-
(1) Ces grandes modifications organiques apportées par le changement complet de régime, en une seulegénération, sur un type sauvage constant, une espèce pure, et sur des animaux mc-me qui sont nés dansl’état sauvage, et seulement élevés dans la domesticité, nous semblent l’argument le plus rationnel et leplus puissant en faveur de la méthode d’amélioration des races par les races elles-mêmes, en choisissantles reproducteurs et donnant un meilleur régime aux jeunes produits, de préférence à l'adoption des croi-semens de races dissemblables. Il est à remarquer, cependant, que, de tous les animaux domestiques, lecochon est celui qui se trouve le mieux des croisemens de ce genre, et qui semble même les réclamer,comme nous le verrons plus loin, tantôt pour maintenir la fécondité des mères, tantôt pour modifieravantageusement la nature de ses tissus musculaire et graisseux, etc., etc. R.
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