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LE COCHON.
ANCIENNE RACE ANGLAISE.
croisement est porté maintenant assez loin clans l’intérêt (les éleveurs et des con-sommateurs. Nous avons formé des races supérieures en taille aux races asiatiques,et d’un engraissement aussi facile et aussi précoce; il est donc certain qu’en multi-pliant ces métis avec tout le soin désirable dans le choix des reproducteurs, nouspouvons en obtenir des produits parfaitement convenables, supérieurs aux cochonsd’Asie par la taille, et aux races indigènes par leur aptitude à l’engraissement.
La chair des cochons de l’Orient est particulièrement tendre et délicate; maiselle convient plutôt sous ce rapport que pour en obtenir du lard. Les produits ducroisement possèdent cette délicatesse de viande de la race pure, et c’est plus en-core la transmission de -e caractère que l’aptitude à l’engraissement qui a si fortgénéralisé les croisemens'jde porcs siamois avec les races indigènes (1).
La classe des races qui ont le corps allongé et les oreilles larges et pendantes,est entretenue depuis long-tems dans les pays de plaines. Les animaux sont de dif-férentes couleurs; mais le plus grand nombre est blanc, ou blanc taché de noir. Ilsse nourrissent difficilement, sont très-grands mangeurs, et arrivent fort tard à lamaturité. Lorsqu’on ne les engraisse qu’à deux ou trois ans, ils peuvent acquérir unpoids énorme. Cependant, il en existe très-peu maintenant qui soient (le race par-faitement pure; on en trouve çà et là quelques individus chez de vieux fermiers quine veulent rien changer à leur économie rurale, ou chez des éleveurs qui entre-tiennent les femelles dans le but (l’élever des cochons plus grands. On en trouvenotamment en Irlande , où récemment encore ils étaient assez communs, mais où ilscèdent la place aux produits des croiscmens avec des races améliorées. On a égale-ment essayé de les croiser avec des sangliers, pour les rapprocher de leur formenaturelle, dont ils se sont beaucoup éloignés.
Partout où l’ancienne race existe pure, elle présente les caractères remarquables
(1) On ne peut s’empêcher de remarquer ici la grande différence que pénible donner le croisement parle cochon chinois, en Angleterre et en France . La fécondité des femelles diminue en Angleterre ; elle aug-mente notablement et certainement en France , comme notre expérience personnelle nous l’a démontré.La qualité de la viande en est améliorée en Angleterre; elle est, au contraire, détériorée en France . Il estvrai que peut-être les goûts différent assez, dans les deux pays, pour qu’on appelle améfioralion dansl’un ce qu’on considère comme une détérioration dans l’autre. Toujours est-il que, chez nous, le croise-ment chinois donne moins de muscles et plus de graisse; le lard en est moins ferme et rnoms nettementséparé de la chair que dans les races indigènes, et les charcutiers des grandes villes aiment peu les métiset encore moins la race pure. La sobriété, la fécondité et la précocité sont chez nous les plus grands mé-rites des cochons chinois et de leurs mélis; mais on les considère comme plus avantageux pour la con-sommation des campagnes que pour la fabrication de la charcuterie fine. Cette dissidence est d’autant plusremarquable dans les résultats du croisement, que la figure et la description données, par l’auteur écossais,de l’ancienne race des cochons anglais , s’appliquent incontestablement et complètcmi nt à l’une d. s plusrépandues de nos races françaises. R.
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