32
LE COCHON.
RACE I)E BERKSHIRE.
Bien qu’on ne puisse révoquer en doute les avantages qu’on a obtenus d’une ré-duction apportée dans la taille et les formes grossières des anciens cochons anglais ,il doit cependant y avoir, pour cet animal comme pour les autres, une limite qu’ilest inutile de dépasser, et qui n’a eu d’autre règle, trop souvent, que les capricesdes éleveurs. Les grands cochons ne sont pas, d’ailleurs, d’un débit aussi facile queles petits sur les marchés des villes, et cette cause contribue puissamment à dimi-nuer le nombre des premiers (4). Cependant, l’utilité que retire l’Angleterre de laviande du porc, tant pour la nourriture des populations urbaines et rurales quepour l’approvisionnement de ses nombreux vaisseaux, devrait peut-être nous enga-ger à ne pas sacrifier complètement nos anciennes races à celles plus petites de laChine et autres contrées.
Le désir d’améliorer ces grandes races ne devrait pas nous les faire abandonner,et peut-être un jour le pays, déplorant cet excès auquel nous tendons trop au-jourd’hui, essaiera-t-il inutilement de recouvrer ces beaux animaux indigènesque nous aurons détruits. Au lieu de croiser perpétuellement ces races avecde plus petites, il serait plus convenable et plus avantageux d’appliquer à nos co-chons les principes d’amélioration qui nous ont réussi pour les autres espècesd’animaux. Par un choix convenable des reproducteurs, exclusivement, nous pour-rions réformer les caractères défectueux de nos grandes races, et leur donner toutela perfection compatible avec le grand volume de leur corps; car il n’existe aucunanimal aussi facile à modifier et à modeler à notre gré que le cochon.
On est revenu dans ces derniers teins aux croisemens avec les sangliers, sur unecertaine échelle, comme moyen d’améliorer la qualité de la viande en mêlant pluségalement le maigre avec le lard; sous tout autre rapport, ce croisement ne paraîtoffrir aucun avantage. Le sanglier est bien loin d’avoir cette perfection de formes quel’éleveur doit s’efforcer d’atteindre et que présentent, à un degré bien supérieur,plusieurs de nos races domestiques.
De tems en tems, nos innombrables vaisseaux nous apportent des cochons de di-verses contrées, telles que l’Italie , la Turquie , l’Espagne , etc., qui ont été croisésavec les races indigènes. La race de Malte a joui de quelque faveur pendant un certaintems; elle était de petite taille, de couleur noire, presque sans soies et très-prompteà s’engraisser. Aujourd’hui, c’est la race, napolitaine (planche V supplémentaire) quiest le plus employée à ces sortes de croisemens (2). Elle est, comme celle de
(1) C’est précisément le contraire qui a lieu en France , à cause des droits d’octroi perçus par tête, et
sans égard au poids, à l’entrée des grandes villes. R -
(2) L’auteur anglais que nous traduisons a formé une quatorz’ème livraison, sons le titre de Supplé-ment, avec cette planche V, une autre de moutons et deux de l.œufs; le texte de cette livraison ne cou-