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LE CHEVAL.
HISTORIQUE.
pour porter les voyageurs et les marchandises à travers les précipices des Andes ; ildéploie alors son courage, sa fidélité et sa sagacité. Il porte son cavalier sur le bordmême des abîmes, là où le pied trouve à peine un point d’appui, et où lé moindrefaux pas entraînerait à l’instant sa perte; d’autres ibis, il descend sur des pentes sirapides et si dangereuses qu’elles semblent impraticables. Le fidèle animal s’arrêtelorsqu’il arrive au bord du précipice; il fait une pause, et ne se remet en marcheque lorsqu’il s’est préparé pour le danger. 11 regarde le sentier devant lui, ramèneses pieds de derrière sous son corps, se glisse le long de l’abîme avec uneeffrayante rapidité, et suit les détours du sentier comme s’il avait tracé dans sonesprit la route qu’il doit parcourir. Le cavalier alors doit s’abandonner entière-ment à sa monture; car la moindre déviation de son corps romprait l’équilibre etles précipiterait l’un et l’autre au fond du précipice.
Dans les Iles-Britanniques , les ânes sont en grand nombre; les classes pauvresen font principalement usage. Cet animal semble avoir été connu en Angleterre dèsle règne des rois anglo-saxons ; mais il y était assez rare. Du tems même d’ÉuzA-beth, on le regardait comme étranger au pays. Sous le règne de Jacques I er cepen-dant, il commença à devenir plus commun; aujourd’hui, il joue un rôle impor-tant dans nos richesses économiques. Les ânes, toutefois, sont restés l’apanage dupauvre; mais quelle que soit la classe qui les possède, ce sont des animaux fortutiles, dont on fait un grand usage, et qui mériteraient plus d’attention qu’on neleur en accorde. Un grand nombre d’ânesses sont entretenues dans Londres et lesautres grandes villes; leur lait fournit un aliment agréable et salutaire auxmalades.
Quoique l’âne ne supporte pas bien la température des hautes latitudes, son édu-cation pourrait être très-profitable dans des pays plus froids que le nôtre. Si l’ons’attachait à bien choisir les types reproducteurs, si les jeunes animaux étaient con-venablement nourris, de manière que leurs formes pussent se développer, si on lespréservait de l’inclémence des saisons, ainsi qu’on le fait pour le cheval, on arrive-rait à obtenir des ânes bien supérieurs en force et en qualité à ces animaux chétifsque l’on rencontre sur nos grandes routes et dans les communes. Malheureusementl’âne est surtout entre les mains de gens qui n’ont pas le moyen de se procurer debeaux étalons ou de suivre un plan bien arrêté; ce serait aux classes plus aiséesqu’il appartiendrait de réaliser cette amélioration, Nos relations commercialesavec l’Espagne et le Levant nous mettraient à même, sans grands frais et de lamaniéré la plus facile, de perfectionner les races si défectueuses de notre pays.
Outre les services directs que l’âne peut nous rendre comme bête de somme, ilpossède la faculté de multiplier une race d’animaux supérieurs à lui-même en force,et qui l’égalent pour la sagacité, la patience et le courage. La mule est une bête