LE CHEVAL.
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HISTORIQUE.
inappréciable dans certains pays où on l’emploie à de nombreux services. En Espa gne , c’est la bète de somme la plus généralement usitée et estimée : on l’allèle aucarrosse et aux voitures de toute espèce; les gens de condition s’en servent commede bête de selle; elle a le pied sûr, ne craint pas la fatigue et convient, par consé-quent, pour de longs voyages. Dans les pays montagneux et difficiles, c’est l’animalle plus propre à transporter des bagages. Aux mœurs montagnardes de l’âne, ilréunit sa vigueur et sa sobriété; sans lui, les contrées séparées les unes des autrespar de hautes montagnes escarpées resteraient sans communications. Pour le trans-port des marchandises à travers les passages dangereux des Andes et des Cordil-lières, aucun animal ne peut être comparé à la mule; car bien que l’âne, cet animalsagace et au pied sûr, puisse porter son cavalier sur les pentes les plus dange-reuses, il ne saurait supporter ces charges énormes dont la mule n’est point embar-rassée. Le voyageur est-il exposé au plus grand danger, il peut se fier à la muleaussi bien qu’à l’âne; comme lui, elle se glisse sur le bord des précipices, fran-chit les rochers et marche sur les pentes les plus rapides. Dans les Alpes et lesPyrénées , elle est continuellement en réquisition : sans son aide, le transport desvoyageurs et de leurs bagages ne s’effectuerait qu’avec les plus grands dangers. Dansles établissemens européens , sous les tropiques, où l’on cultive la canne à sucre,la mule se montre bien supérieure au cheval dans les travaux du moulin, ainsique pour les autres ouvrages.
La mule était connue dès les tems les plus reculés. Les Juifs en faisaient usage,bien que leur loi défendît l’accouplement d’animaux d’espèces différentes. Elle étaitgénéralement connue des Perses et des autres peuples de l’Asie ; les Grecs rem-ployaient au travail des champs, ainsi que nous l’apprennent Hésiode et d’autresauteurs; les Romains l’attelaient à leurs équipages et en tiraient encore d’autresservices. La race ne peut se reproduire par l’accouplement des individus, bien qu’ily ait des exemples de mules ayant produit avec l’âne ou le cheval.
La mule peut être également produite par le baudet et la jument ou par l’ânesseet le cheval ; mais il est à remarquer que du premier de ces croisemens résulte l’a-nimal le plus grand, le plus beau et celui qui a le plus de qualités. Le produit tienttoujours plus de la mère. La mule issue de l’ânesse a les oreilles plus longues; elleest plus stupide et a de moins belles formes. La jument reçoit le baudet avec unesorte d’aversion, bien qu’après l’accouplement la conception paraisse aussi assuréeque si les animaux eussent été de la même espèce.
Les races de mules sont très-variées; les produits, en effet, diffèrent suivant lesqualités du père et de la mère. Les Espagnols emploient comme reproducteurs lesbaudets les plus grands et les plus beaux; mais le produit se modifie suivant que lajument est plus fine ou de race plus distinguée, telle que celle d’Andalousie , ou bien