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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE CHEVAL.

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HISTORIQUE.

inappréciable dans certains pays on lemploie à de nombreux services. En Espa­ gne , cest la bète de somme la plus généralement usitée et estimée : on lallèle aucarrosse et aux voitures de toute espèce; les gens de condition sen servent commede bête de selle; elle a le pied sûr, ne craint pas la fatigue et convient, par consé-quent, pour de longs voyages. Dans les pays montagneux et difficiles, cest lanimalle plus propre à transporter des bagages. Aux mœurs montagnardes de lâne, ilréunit sa vigueur et sa sobriété; sans lui, les contrées séparées les unes des autrespar de hautes montagnes escarpées resteraient sans communications. Pour le trans-port des marchandises à travers les passages dangereux des Andes et des Cordil-lières, aucun animal ne peut être comparé à la mule; car bien que lâne, cet animalsagace et au pied sûr, puisse porter son cavalier sur les pentes les plus dange-reuses, il ne saurait supporter ces charges énormes dont la mule nest point embar-rassée. Le voyageur est-il exposé au plus grand danger, il peut se fier à la muleaussi bien quà lâne; comme lui, elle se glisse sur le bord des précipices, fran-chit les rochers et marche sur les pentes les plus rapides. Dans les Alpes et lesPyrénées , elle est continuellement en réquisition : sans son aide, le transport desvoyageurs et de leurs bagages ne seffectuerait quavec les plus grands dangers. Dansles établissemens européens , sous les tropiques, lon cultive la canne à sucre,la mule se montre bien supérieure au cheval dans les travaux du moulin, ainsique pour les autres ouvrages.

La mule était connue dès les tems les plus reculés. Les Juifs en faisaient usage,bien que leur loi défendît laccouplement danimaux despèces différentes. Elle étaitgénéralement connue des Perses et des autres peuples de lAsie ; les Grecs rem-ployaient au travail des champs, ainsi que nous lapprennent Hésiode et dautresauteurs; les Romains lattelaient à leurs équipages et en tiraient encore dautresservices. La race ne peut se reproduire par laccouplement des individus, bien quily ait des exemples de mules ayant produit avec lâne ou le cheval.

La mule peut être également produite par le baudet et la jument ou par lânesseet le cheval ; mais il est à remarquer que du premier de ces croisemens résulte la-nimal le plus grand, le plus beau et celui qui a le plus de qualités. Le produit tienttoujours plus de la mère. La mule issue de lânesse a les oreilles plus longues; elleest plus stupide et a de moins belles formes. La jument reçoit le baudet avec unesorte daversion, bien quaprès laccouplement la conception paraisse aussi assuréeque si les animaux eussent été de la même espèce.

Les races de mules sont très-variées; les produits, en effet, diffèrent suivant lesqualités du père et de la mère. Les Espagnols emploient comme reproducteurs lesbaudets les plus grands et les plus beaux; mais le produit se modifie suivant que lajument est plus fine ou de race plus distinguée, telle que celle dAndalousie , ou bien