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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE CHEVAL.

HISTORIQUE.

membres; de vient quil seffraie aisément à laspect dun objet nouveau pour lui ;le sens de louïe est bon; la conque de loreille externe est parfaitement disposéepour rassembler des sons éloignés. 11 aime à entendre la voix de celui qui le monte;il se plaît à écouter certains bruits, tels que ceux dune musique éloignée, les cla-meurs de la meute, lorsquil a lhabitude de la chasse, et ses cris de joie et detriomphe.

Sa mémoire locale est surprenante; il reconnaît, après un long espace de lems, lesentier quil na traversé quune fois; lendroit il a lhabitude de prendre sa nour-riture, ainsi que la fontaine et létang il a étanché sa soif. Un cheval, qui sétaitperdu dans le désert, a retrouvé son chemin à cinq cents milles de la ferme ilétait. De même que le chameau, il sent leau de fort loin. Ce don précieux a sauvéplus dune fois la vie du voyageur défaillant.

Le cheval aime les caresses et est susceptible dun grand attachement. Les Arabes,qui ne battent jamais leurs chevaux, et qui les traitent comme leurs propres en-fans, doivent souvent leur vie à leur attachement et à leur fidélité. Le cheval dudésert, si plein de feu, lorsque son maître vient à être blessé et désarçonné,sarrête jusquà ce quil se relève; il appelle du secours par ses hennissemens;il labrite contre les sables brûlans; il se lient près de lui pendant le clair delune, et sétend lui-même sur la terre à ses côtés lorsque la rosée commence àtomber. Le major Denham rend compte en ces termes du sentiment que lui filéprouver la perte de son cheval arabe au cœur de lAfrique : « Le cheval quimavait porté de Tripoli à Mourzùk, avec lequel javais opéré mon retour, et surlequel javais fait tout le voyage de Tripoli à Bornou , mourut quelques heuresaprès mon départ de cette dernière ville. 11 y a des situations dans la vie dunhomme des pertes de ce genre sont senties plus profondément; je connus toutelétendue de cette épreuve. Ce nétait pas du chagrin, mais quelque chose dappro-chant; et bien que jéprouvasse line sorte de honte de labattement jétais plongé ,il ne me fallut pas moins plusieurs jours pour que je pusse me remettre de celleperle. 11 est bon de rappeler toutefois que le pauvre animal avait été mon fidèlecompagnon pendant bien des jours et des nuits terribles; il avait supporté avec uneadmirable patience, à mon service, et la faim et la soif; il était si docile, quil Testaitdebout pendant des heures entières au désert, tandis que je dormais entre ses jam-bes, son corps me procurant le seul ombrage sous lequel on pût se défendre dusoleil le plus brûlant. »

Le cheval donne des marques sensibles du plaisir quil éprouve en voyant les per-sonnes qui le traitent avec bonté. Les Turcs, qui ont pour ces animaux la plusgrande douceur, se font suivre par leurs fougueux coursiers comme si cétaient desamis de la maison. Quelquefois le cheval éprouve un vif attachement pour dautres