LE CHEVAL.
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HISTORIQUE.
animaux, dont il a tiré quelque service ou qui sont restés avec lui dans l’écurie pourégayer sa solitude; les chiens deviennent souvent ses hôtes de prédilection. Chillaby,cheval très-méchant, s’éprit d’attachement pour un agneau qu’on employait à chas-ser ses mouches. Le barbe Godolpiiin aimait un chat qui avait coutume de s’as-seoir sur son dos quand il était dans l’écurie, et qui se couchait près de lui quandil était étendu à terre; leur affection était réciproque; à la mort du cheval, le chatrefusa toute espèce de nourriture; il languit et mourut.
De même que le cheval est susceptible d’attachement, de même aussi il se sou-vient des injures reçues. Un poulain, qu’on a traité avec cruauté, se rappelle, quandil a atteint tout son développement, le mal qu’on lui a fait, et cherche quelquefoisà s’en venger. Un beau Cleveland-Bay, remarquable par sa douceur, avait été mal-traité par un groom en diverses circonstances. Un jour qu’il avait été frappé à latête, sans aucune raison, le cheval, indigné, lança une ruade et étendit le groommort sur la place. M. Rolle, gentilhomme du Devonshire, rapporte l’anecdotesuivante : Une personne, d’un rang élevé, eut un jour la cruelle pensée d’épuiserde fatigue son hunter préféré. Après une longue chasse, dans l’après-midi, ilbrida, monta de nouveau son cheval, gagna la montagne et le fit galoper à fond detrain jusqu’à ce que le pauvre animal fût tout-à-fail rendu. Le groom, en voyantl’état de son pauvre favori de retour à l’étable, se mit à pleurer. Le cavalier,étant venu, à quelque lems de là, dans l’écurie, le cheval, tout malade qu’il était,se souvint de l’outrage qu’on lui avait fait subir; il se précipita avec fureur surson bourreau, et l’aurait tué si les personnes présentes ne l’en eussent empêché.11 suffit d’une parole rude, même dans l’écurie, pour faire battre fortement lepouls du cheval.
Cet animal peut éprouver des sentimens d’orgueil et de rivalité. Dans les proces-sions triomphales et leurs joyeuses parades, il manifeste distinctement Je plaisirqu’il ressent en caparaçonnant avec grâce. Dans le cheval de course, les spec-tateurs peuvent observer l’ardeur des concurrens, l’impatience qu’ils témoi-gnent au moment du départ, l’ardeur avec laquelle ils luttent de vitesse. Ce sontmoins les terreurs du fouet ou de l’éperon que ses propres passions qui l’exci-lent à redoubler d’énergie. Lorsque le moment critique de la lutte est arrivé, ondirait que la vie ou la mort de l’animal est attachée à la victoire. Un beau che-val, appelé Forester, connu sur le turf pour y avoir obtenu de brillans succès,fut un jour battu par un jeune rival. Le vieil athlète gagna d’abord du terrain ; maisensuite les deux chevaux se trouvèrent côte à côte, cou contre cou; Forester,sentant alors ses forces faiblir et se voyant sur le point d’être dépassé par son rival,fit un effort désespéré; il le saisit par la mâchoire, chercha à le renverser, et l’oneut bien de la peine à lui faire lâcher prise. Dans ces sortes de courses où les che-