Buch 
Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
Entstehung
Seite
15
JPEG-Download
 

LE CHEVAL.

15

HISTORIQUE.

animaux, dont il a tiré quelque service ou qui sont restés avec lui dans lécurie pourégayer sa solitude; les chiens deviennent souvent ses hôtes de prédilection. Chillaby,cheval très-méchant, séprit dattachement pour un agneau quon employait à chas-ser ses mouches. Le barbe Godolpiiin aimait un chat qui avait coutume de sas-seoir sur son dos quand il était dans lécurie, et qui se couchait près de lui quandil était étendu à terre; leur affection était réciproque; à la mort du cheval, le chatrefusa toute espèce de nourriture; il languit et mourut.

De même que le cheval est susceptible dattachement, de même aussi il se sou-vient des injures reçues. Un poulain, quon a traité avec cruauté, se rappelle, quandil a atteint tout son développement, le mal quon lui a fait, et cherche quelquefoisà sen venger. Un beau Cleveland-Bay, remarquable par sa douceur, avait été mal-traité par un groom en diverses circonstances. Un jour quil avait été frappé à latête, sans aucune raison, le cheval, indigné, lança une ruade et étendit le groommort sur la place. M. Rolle, gentilhomme du Devonshire, rapporte lanecdotesuivante : Une personne, dun rang élevé, eut un jour la cruelle pensée dépuiserde fatigue son hunter préféré. Après une longue chasse, dans laprès-midi, ilbrida, monta de nouveau son cheval, gagna la montagne et le fit galoper à fond detrain jusquà ce que le pauvre animal fût tout-à-fail rendu. Le groom, en voyantlétat de son pauvre favori de retour à létable, se mit à pleurer. Le cavalier,étant venu, à quelque lems de, dans lécurie, le cheval, tout malade quil était,se souvint de loutrage quon lui avait fait subir; il se précipita avec fureur surson bourreau, et laurait tué si les personnes présentes ne len eussent empêché.11 suffit dune parole rude, même dans lécurie, pour faire battre fortement lepouls du cheval.

Cet animal peut éprouver des sentimens dorgueil et de rivalité. Dans les proces-sions triomphales et leurs joyeuses parades, il manifeste distinctement Je plaisirquil ressent en caparaçonnant avec grâce. Dans le cheval de course, les spec-tateurs peuvent observer lardeur des concurrens, limpatience quils témoi-gnent au moment du départ, lardeur avec laquelle ils luttent de vitesse. Ce sontmoins les terreurs du fouet ou de léperon que ses propres passions qui lexci-lent à redoubler dénergie. Lorsque le moment critique de la lutte est arrivé, ondirait que la vie ou la mort de lanimal est attachée à la victoire. Un beau che-val, appelé Forester, connu sur le turf pour y avoir obtenu de brillans succès,fut un jour battu par un jeune rival. Le vieil athlète gagna dabord du terrain ; maisensuite les deux chevaux se trouvèrent côte à côte, cou contre cou; Forester,sentant alors ses forces faiblir et se voyant sur le point dêtre dépassé par son rival,fit un effort désespéré; il le saisit par la mâchoire, chercha à le renverser, et loneut bien de la peine à lui faire lâcher prise. Dans ces sortes de courses les che-