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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE CHEVAL.

HISTORIQUE.

vaux luttent les uns contre les autres sans être montés par des cavaliers, la rivalitédevient plus apparente pour les spectateurs, quoique les combatlans ne la ressen-tent peut-être pas plus vivement. Des auteurs anciens rapportent que, dans les jeuxde l’hippodrome,' on a vu des chevaux privés de leurs cavaliers par suite d’un acci-dent, poursuivre leur course et gagner le prix de la lutte. Le cheval partage les sen-timens de son maître et adopte avec joie ses projets. Qui n’a vu le cheval de chasselancé dans la plaine? quel feu dans ses regards! avec quelle ardeur il dressel’oreille et écoute les cris de la meute ; quel courage pour surmonter les obstacles;et quel empressement à suivre le sport! Certes, ce n’est pas seulement l’instinctqui guide ce noble animal et qui le fait agir, il prend évidemment sa partdes passions et des plaisirs de son maître. Rien ne semble plus contraire auxmœurs du cheval que les combats et le carnage; et cependant, hélas! quel est lesiècle où cet animal n’est pas devenu un instrument de meurtre et de cruauté?Telle est même la docilité de son caractère, qu’il se prête à ces scènes d’horreur, etdevient à son tour cruel et féroce dans ces circonstances, parce que son maître leveut ainsi. Il partage les fatigues delà guerre, se plaît au bruit des armes, et bravele danger des combats et la douleur des blessures. « As-tu donné l’ardeur au cheval?» l’as-tu rempli de terreur? peux-tu le faire bondir comme la sauterelle? La gloire» de ses naseaux est terrible; il se promène dans la vallée et se réjouit dans sa

» force; il s’élance au devant du guerrier; il se joue de la crainte et ne tremble pas ;

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» il ne tourne jamais le dos à l’épée; le carquois, la lance et le bouclier résonnent» sur ses épaules. 11 dévore la terre avec rage et fureur; il ne croit pas d’abord que» c’est le son de la trompette qu’il a entendu; mais dès que celle-ci a retenti,» il s’écrie : Ha! lia! et ne respire plus que les combats et la voix tonnante des» chefs (1). »

On trouve le cheval dans presque tout l’ancien continent, depuis le 65° de lati-tude nord jusqu’aux îles de l’Asie , vers le sud. II n’existe dans la Nouvelle-Hol-lande, dans les îles de la mer du sud, et en Amérique , que depuis que les voya-geurs européens l’ont apporté dans ces contrées. On le rencontre encore à l’étalsauvage dans les vastes déserts de la Tarlarie qui s’étendent au sud de la Sibérie , etdans ceux du nord-ouest de la Chine . Tel que la nature nous l’offre dans ces pays,il est inférieur en noblesse et en beauté de formes à nos races domestiques. Satête est large, épaisse, à chanfrein loul-à-fait convexe; ses oreilles sont grandes;■ 1 les porte ordinairement basses et rejetées en arrière. Ses membres sont longs,mais robustes; son museau est épais et garni de poils; de longs crins se montrentsous les mâchoires et sous le cou ; sa crinière est épaisse ; le poil qui revêt le corps

(1 Vo’r le livre de Job. cliap. xxxix, vers. 19, 20, 21, 52, 23, 24 et 25.