Buch 
Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
Entstehung
Seite
17
JPEG-Download
 

LE CHEVAL.

HISTORIQUE.

est long et fourré, quelquefois frisé; il est ordinairement d’un brun obscur, tirantsur In couleur d’une crème trouble, mais jamais noir. Les chevaux s’assemblenten troupes; on les voit souvent réunis en grand nombre; mais en général, ils viventpar petites bandes séparées, sous la conduite d’un étalon. Le sens de l’odorat et de lavue sont très-développés chez ces animaux. Ils se tiennent continuellement surleurs gardes et placent des sentinelles, de peur de surprise. Ils évitent la pré-sence de l’homme; quand ils sont effrayés, ils fuient avec rapidité et échappenibientôt aux regards. Les peuplades du désert leur font la chasse pour leur chair clleur peau; on les prend quelquefois vivant, surtout en hiver, lorsque la neige ar-rête leur marche et les fait tomber dans des fossés ou des ravins. Aux environs desPalus-Méolides ou mer d’Azof, il existe des chevaux sauvages que P allas supposeprovenir des chevaux russes employés au siège d’Azof en 1697, et qui ont été aban-donnés à eux-mêmes faute de fourrages pour les nourrir. D’anciens auteurs etdes voyageurs parlent aussi de chevaux sauvages habitant les déserts de l’Afrique ;mais nul voyageur moderne n’a fait connaître le lieu de leur séjour.

La nourriture et le climat exercent une grande influence sur la conformation et lecaractère du cheval ; il en est de même d’autres causes qui nous sont encore incon-Vnues. Cet animal supporte la température des contrées les plus chaudes; mais à uncertain degré de froid, il ne peut plus vivre, et à mesure qu’il approche de celtelimite, son tempérament et sa conformation extérieure s’en ressentent. En Islande ,au pôle arctique, il est réduit à la taille d’un nain ; en Laponie , à 65° de latitude, ilest remplacé par le renne; au Kamlschalka, à 52° de latitude, le chien en tient lieu.Plus il approche des limites qui lui sont naturelles, plus il perd de cette ardeur etde cette légèreté qui le caractérisent dans les climats qui lui conviennent. 11 est cou-rageux, plein de sagacité et très-patient; mais il a besoin du fouet et de l’éperon,car son énergie naturelle et ses propres instincts suffisent rarement pour en obtenirun travail soutenu. L’abondance et la qualité de la nourriture exercent une grandeinfluence sur son caractère et sur ses formes. Un pays de bruyères et d’herbes peunutritives ne produira jamais un cheval aussi vigoureux et d’une aussi grande tailleque celui qui a été nourri dans de riches pâturages. Le cheval de la montagne estplus.pelit que celui de la plaine; le cheval des déserts sablonneux a moins de taille'que celui des vallées arrosées. Ce sont ces considérations puissantes, et d’autresencore, moins apparentes, qui font que le cheval, ainsi que le bœuf, le mdulon, etles autres animaux créés pour'être les compagnons de l’homme, se trouvent appro-priés aux différentes situations dans lesquelles ils sont appelés à vivre. Dans lesmontagnes des pays froids, il est petit, courageux, trapu; ses membres sont mus-culeux et son pelage épais; tel est le cheval de la Norvvége, d’une grande partiede la Suède et de plusieurs autres contrées montagneuses de l’Europe . Dans les pays

3