LE CHEVAL.
19
HISTORIQUE.
tenue; il y était soumis à une complète domesticité; les auteurs sacrés et profanestémoignent de l’emploi du cheval dans les premiers âges de l’humanité; les mer-veilleux monumens de celte terre primitive, qui comptent plus de trois mille ansde durée, attestent l’antique asservissement de cet animal. Une foule de sculptures,aussi fraîches que si le ciseau venait de les produire, prouve que les chevaux étaientattelés aux chars des guerriers et des rois de cette contrée, et l’histoire nous apprendde quelles ressources ils étaient dans les combats. Bien que les Égyptiens fissent ungrand usage des chars dans les batailles, ils savaient aussi se servir de la cavalerie,et leurs monumens nous représentent des soldats à cheval. Toutefois, de même qued’autres nations de la même époque, ils préféraient les chars, lesquels consistaienten un chariot large, ouvert par derrière, contenant le guide et le guerrier arméd’un dard ou pieu, et traîné par deux chevaux, ou plus, attelés de front. Les charsétaient en usage aussi, autrefois, chez les Grecs, les Perses, et chez d’autres peu-ples de l’Asie , ainsi que chez les nations celtiques de l’Europe .
C’est par les historiens juifs que nous savons que le cheval était un des.animauxdomestiques de l’Égypte ; nous tenons aussi de là même source que lés ancêtresdes Israélites n’avaient point de chevaux quand ils habitaient les plaines de laSyrie . Lorsqu’ Abraham envoya de Palestine en Mésopotamie , pour amener uneépouse à son fils Isaac, son fidèle serviteur se présenta ainsi devant Laban , frère deREbecca : « Je suis serviteur d’ABRAiiAM, le Seigneur a comblé mon maître debénédictions, et il est devenu grand; il lui a donné des brebis, des bœufs, de l’ai-,gent, de l’or, des serviteurs et des servantes, des chameaux et des ânes. » U n’estpas question du cheval; on n’en parle pas davantage en faisant l’énumération desrichesses d’IsAAC.
Lorsque Jacob quitta la Mésopotamie pour retourner au pays de ses pères, il avaitîles bœufs et des moutons, des chèvres, des ânes et des chameaux, mais point dechevaux. Plus tard, les descendans de Jacob se multiplièrent dans cette partie del’Égypte qui s’étend entre le Nil et la mer Rouge , d’où leur grand législateur lesconduisit au pays qui devait un jour leur appartenir. Pendant leur long séjour enÉgypte , ils conservèrent les mœurs de leurs ancêtres, en ce qui concerne le cheval.Dans la loi à laquelle ils devaient obéir, on parle de l’âne comme d’un animal dont lachair est impure, — et pour blâmer le péché de convoitise dont on pourrait se rendrecoupable en désirant l’âne de son voisin, —et pour le laisser reposer le jour du sabal ;—mais il n’est nullement question du cheval comme faisant partie des biensdu peuple.On peut donc conclure de ce silence que les Hébreux ne possédaient point le chevalau tems de leur voyage dans le désert. Cette contrée aride, autrefois comme aujour-d’hui, ne convenait pas pour élever des chevaux; jamais elle n’a pu êtreaussi biendéfendue par de la cavalerie que par de l’infanterie; l’histoire prouve que les Juifs