20
LE CHEVAL.
HISTORIQUE.
ont dû tous leurs succès dans les combats à l’emploi de l’infanterie, non-seulementpendant les premiers tems de leur existence, mais juscpte dans les derniers momensde ce peuple. La mort glorieuse des Machabées en fait foi. Moïse , dans la connais-sance providentielle qu’il avait du pays qu’il allait soumettre, fait peu de cas d’uninstrument de guerre que les autres nations prisaient si haut. 11 conseille au peuple,quand il se rend à la guerre, de n’avoir point peur des chevaux ni des chariotsde ses ennemis, mais de placer sa confiance dans le Dieu d’Israël , qui l’avait tiré dela terre d’Égypte . 11 recommande au futur gouverneur de la contrée de ne pointmultiplier les chevaux dans le pays; il fut obéi si ponctuellement en cela , qu’oncoupait les jarrets aux chevaux pris dans la guerre. Le roi David en fil autant dansune circonstance où il s’était rendu maître de sept cents chevaux et de mille cha-riots; il n’épargna que cent de ces animaux. 11 parle avec dédain des chevaux commeinstrument de guerre, et seulement comme d’animaux employés parles ennemisdu pays. Mais bientôt l’observance des lois et le respect des anciennes coutumestombèrent en oubli, et Salomon forma un corps nombreux de cavalerie et de cha-riots. 11 établit un commerce régulier de chevauxavec l’Afrique,et en tira de l’Égypte pour les placer dans les pays voisins. Il est digne de remarque que, plus tard,quand les Juifs entrèrent dans la Palestine par le sud, ils n’y rencontrèrentpoint de chevaux; en effet, il n’est pas question de cet animal dans la premièrecampagne de Josué . Les Philistins seuls en possédaient au sud de la Syrie ;ceux-ci paraissent avoir été une colonie égyptienne . 11 semble qu’à cette époquel’Arabie et les pays qui s’étendent depuis la Palestine jusqu’au golfe Persique man-quaient de chevaux. Quand les Madianites furent subjugués, le butin consistait enmoutons, en bœufs, en hommes captifs; il n’est pas question des chevaux. Sous lerègne de Sacjl, dans la guerre qui éclata contre certains peuples de l’Arabie sur legolfè Persique, le butin consistait en-esclaves, en chameaux, en moutons et en ânes.Dans l’attaque faite contre la Judée par les Madianites, dans le siècle suivant, cespeuples, dit l’Écriture, vinrent avec leur bétail et leurs tentes; leur multitude res-semblait à celle des sauterelles; il n’est pas question de chevaux.
Bien que les Juifs, en entrant pour la première fois dans la Palestine, ducôté du sud, n’y aient pas rencontré de chevaux, à peine se furent-ils trouvés encontact avec les peuples situés au nord,.qu’ils eurent affaire à des ennemis possé-dant une cavalerie et des chariots. Mais ces peuples étaient voisins des contrées quibordent la mer Noire et la mer Caspienne , cette grande région des chevaux de l’Asie ;ils en tiraient sans aucun doute ceux dont ils se servaient, et non de l’Afrique ,avec laquelle ils n’avaient aucune relation, non plus que de l’Arabie , qui n’en pos-sédait pas. Si donc on ajoute foi aux seules traditions que l’on possède sur ces temsreculés, on arrivera à celte conclusion, qu’avant l’ère historique, la Syrie et tous les
M
\