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LE CIIEVAL.
HISTORIQUE.
La planche ci-conlre représente exactement la forme du cheval d’origine arabe.L’animal dont elle donne le portrait fut pris dans une attaque dirigée par une tribuarabe contre une partie de la famille royale de Perse , lorsqu’elle allait en pèlerinage.Le chef arabe qui commandait cette attaque fut tué; son cheval tomba au pouvoirdes Perses. Une rançon énorme pour une tribu si pauvre, fut offerte pour le rachatde ce noble animal, mais on la refusa; il fut amené en Angleterre par sir JohnM’Neil. Il a quatorze palmes et demie {4 m ,47) de haut. 11 possède toute la grâceimaginable, et est si bien dressé à tous les exercices que les Arabes ont coutumed’apprendre.à leurs chevaux qu’il peut galoper dans le cercle le plus étroit. Quandon l’a dessiné, il souffrait du froid de la température; comme on voulait l’égayerun peu, on essaya sur lui l’effet de la musique : à peine les premiers sons eurent-ils frappé son oreille, que tout son être tressaillit; son cœur battait si fort, qu’onentendait presque ses pulsations, et il se trouva tellement excité, qu’il fallut à l’ins-tant même cesser cette épreuve. 11 semblait qu’on eût réveillé en lui quelque fibresensible; peut-être se souvenait-il, en ce moment, de son pays natal et des amisauxquels il avait été si durement enlevé.
Les chevaux d’Angleterre périraient s’ils étaient soumis à la faible nourriture etaux fatigues que l’on impose au cheval arabe. Les chevaux du désert supportent lafaim et la soif au delà de tout ce que peuvent endurer les autres races. Ils viventdes herbes assez rares que fournit le désert, et quand elles viennent à man-quer, ils se nourrissent d’un peu d’orge mêlée à de la paille hachée, d’herbes fa-nées, de racines, de dattes, quand on peut s’en procurer; et quand tout cela faitdéfaut, on a recours au lait de chameau. Us boivent à de longs intervalles et enmoyenne quantité. Us supportent la chaleur la plus accablante et accomplissentchaque jour, sans discontinuer, des voyages d’une inconcevable longueur à traversles solitudes du désert. Le caractère de ces magnifiques chevaux n’est pas moinsheureusement approprié à leur condition que leurs facultés physiques, lis sont gais,paliens et attachés à leurs maîtres. Ceci, toutefois, pourrait bien tenir auxmœurs des habitans, car on a vu beaucoup de ces animaux devenir indomptablesentre les mains des Européens. Mais l’Arabe soigne son cheval comme un compa-gnon ; il ne le frappe jamais; loin de là, il le flatte de la voix et paraît ne le traiteravec rigueur que quand des circonstances impérieuses réclament toute son énergie.Dans le désert, la jument et le poulain habitent la tente qui abrite l’Arabe et safamille. Ce sont les amis et la joie des enl'ans, auxquels leur cou sert souvent d’oreil-ler; ces enfans tournent autour d’eux et les caressent sans qu’il arrive jamais d’ac-cidens. La jument acquiert ainsi une docilité et contracte pour son maître un atta-chement qui ne s’efface jamais. Elle répond à sa voix et hennit quand elle entend sespas. Elle obéit au plus léger signal du cavalier sans qu’il soit nécessaire de la battre,
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