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LE CHEVAL.
HISTORIQUE.
Les caractères des anciens chevaux des Iles-Britanniques , conservés purs detout mélange de sang étranger ou.presque tels, dans quelques races, permettentd’apprécier la nature du pays à cette époque. On trouve en effet les chevaux decette espèce en harmonie complète avec les conditions physiques des districts danslesquels ils sont naturalisés. Dans les pays de montagnes et de landes, où l’alimen-tation naturelle et artificielle sont peu abondantes, ces animaux sont petits ou dela taille des poneys; dans les vallées, au contraire, ils ont un aspect volumineux etdes formes massives, de telle sorte qu’aucun pays de la même étendue ne présenteune plus grande variété dans les caractères de ses chevaux indigènes que les lies -Britanniques. Tous, néanmoins, lorsqu’ils n’ont pas reçu de sang étranger, ont cesformes grossières des chevaux de charrette que nous sommes maintenant dansl’usage de considérer comme preuve d’un mauvais élevage ou du défaut de sang.Ils ont la force physique; mais ils manquent de cette énergie musculaire qui dis-tingue les chevaux d’un climat plus généreux.
Il est cependant probable que des croisent eus ont dû cire opérés depuis uneépoque bien reculée. Pendant la longue période de quatre cents ans où la Bretagneméridionale fut réduite en province romaine, on peut supposer que les chevaux dela cavalerie romaine exercèrent quelque influence sur les races indigènes. Mais lesRomains abandonnèrent toutes leurs conquêtes en Bretagne au commencement duV° siècle, lorsque les Bretons du Sud, long-tems harcelés par les invasions destribus barbares du Nord, appelèrent à leur aide une nation grossière de soldats etde pirates établis au nord de l’Elbe , dans la contrée qui porte aujourd’hui le nomde Holslein. Les Saxons paraissent avoir possédé un peu cet amour du cheval quidistingue toutes les nations descendues des Goths ; aussi, pendant leur longuedomination en Bretagne , l’élevage de cet animal ne fut pas complètement négligé.Pendant l’occupation saxonne, les restes des Bretons, retirés dans le pays deGalles , défendaient courageusement leur indépendance dans les montagnes et lesforteresses de ce pays, et y conservaient le cheval indigène; mais ils ne paraissentpas s’être jamais acquis la moindre réputation comme cavaliers, semblables encela aux autres nations celtiques qui ont occupé’des pays de montagnes. Cinq centsans après l’entrée des Saxons en Bretagne , une autre nation encore plus dévouéeaux chevaux occupa le pays. Guillaume de Normandie amena avec lui sa belli-queuse cavalerie, et c’est incontestablement à sa supériorité qu’il dut ses victoireset sa couronne. L’histoire rapporte que son propre cheval, à la bataille de Has-lings, était espagnol . Ses barons et scs vassaux, entre lesquels il partagea leroyaume asservi, introduisirent leur passion normande pour le cheval dans leursnouvelles possessions, et les barbares successeurs du roi Guillaume ont laisséd’innombrables témoignages de cette même passion. La guerre et la chasse absor-