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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE CHEVAL.

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IJISTOIUQUE.

garde quand elle change de pâturages, et donnent le signal de lattaque ou de lafuite lorsquun danger se présente. Ils se précipitent hardiment sur les voyageurset sur tous les objets qui leur semblent nouveaux, et de même que les races sau-vages de la Tartarie, ils placent des sentinelles autour de la troupe, et prennent lafuite aussitôt quun danger leur est signalé ainsi quà lapproche de lhomme. Lors-quils aperçoivent des chevaux domestiques, ils courent à leur rencontre, font en-tendre des hennissemens affectueux et mettent en usage tous les moyens propres àles engager à séchapper avec eux pour reprendre la vie sauvage. Ces derniers ac-ceptent volontiers linvitation, et, une fois rendus à la liberté,-jamais ils ncseremet-teni volontairement sous la domination dun maître. Lorsquapprochenl ces troupessauvages, les voyageurs ont besoin dune grande vigilance pour empêcher la déser-tion de leurs chevaux, qui font tous leurs efforts pour se débarrasser de leur harnaiset devenir libres. Les chevaux sauvages marchent en colonne, jamais en ligne,rétrogradant quelquefois, dautres fois se retournant, sans quon puisse les chas-ser; parfois même ils chargent les convois et y jettent une affreuse confusion, afindy effectuer leurs recrues. Cette sympathie généreuse pour la captivité de leurssemblables ne paraît pas exister dans les races sauvages de Tartarie, et est vraisem-blablement due, chez les chevaux espagnols, à quelque souvenir traditionnel deleur ancien étal de domesticité.

Ces chevaux sauvages sont facilement rendus à la domesticité, soit quil leur restequelque trace de la docilité quils avaient acquise dans leur esclavage antérieur,soit que la douceur du climat et la richesse des pâturages leur communique un ca-ractère plus souple que celui des chevaux nés dans les déserts de lAsie . Néanmoins,les moyens employés pour les soumettre ne sont ni moins barbares ni moins gros-siers que ceux usités dans les autres pays pour dresser les jeunes poulains à lobéis-sance et les amener graduellement à partager les dangers et les plaisirs de leur pro-tecteur.

Lorsquon veut capturer un cheval sauvage, ouBaguale, comme on lappelle,les Guachos, ou habitans de la plaine, vont à la recherche dune bande, sur des che-vaux dressés pour cette chasse. Au moyen du bolas et du lasso,, ou seulement àlaide de ce dernier engin, lanimal est empêtré, jeté à terre et immédiatementmonté et conduit ventre à terre, ou attaché pendant plusieurs jours a un poteau,sans boire ni manger, puis castré et monté. Le bolas dont il vient dêtre parlé, secompose de trois pierres, enveloppées de cuir, et attachées a un centre commun aumoyen de fortes courroies de plus dun mètre de long. On tient une de ces pierres dansla ma in, on fait tourner les autres autour delà tête, et lorsquelles ont acquis la vitessenécessaire, on les lance avec une incroyable dextérité autour des jambes de lanimalalin de lempêtrer. Le lasso a été souvent décrit ; il consiste en une corde, à peu près

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