LE CHEVAL.
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HISTORIQUE.
et si l’on accordait à l’élève du cheval, dans ces belles contrées, la dixième partiedes soins que lui prodigue, dans le désert, le bédouin vagabond, il n’est pas douteuxque l’Amérique méridionale pourrait produire les meilleurs chevaux du monde.
L’Amérique septentrionale, également, paraît conveniraussi bien au tempéramentdu cheval qu’aucune autre contrée de l’ancien continent. Les chevaux mexicainssontoriginairesd’Espagne,etneprésententd’autreinfériorilé sur ceux d’Europe , quecelle qui résulte nécessairement d’un traitement moins bien entendu. Ces chevauxse sont également échappés dans les bois et les savanes des immenses contrées quis’étendent au nord et à l’ouest du golfe du Mexique ; mais ils n’y ont pas multipliédans la même proportion que sur les bords de la Plata. Ils se sont répandus, au nord,jusqu’aux montagnes rocheuses et aux sources de la Columbia, entre les 52' et 53'parallèles de latitude. Les Indiens de ce pays ont appris à les poursuivre et à lescapturer; ils s’en servent dans leurs chasses et pour le transport de leurs famillespendant leurs migrations, première innovation qui ail été introduite depuis bienlong-tems, dans les mœurs de l’homme rouge des forêts de l’Amérique du nord . Onassure que la plus grande a mbit ion d’un jeune Indien de ces tribus septentrionales estde posséder un beau cheval pour chasser le buffalo. Les Osages organisent de grandeschasses pour prendre des chevaux sur les bords de la rivière Rouge du Canada ; ilsemploient à cet usage des relais de chevaux frais, qu’ils montent successivement,jusqu’à ce qu’ils aient fatigué les troupes de chevaux sauvages. Dans cette partie dunouveau monde, les Indiens attachent infiniment plus de prix à la possession d’uncheval, que dans l’Amérique du sud où ils sont beaucoup plus communs. La prise d’unde ces animaux à une tribu hostile, dit le docteur Richardson, est considérée parle peuple comme un exploit presqu’aussi héroïque que de tuer un ennemi, et l’on apeine à s’imaginer les distances que ces hommes franchissent, les privations qu’ilss’imposent dans ces excursions de brigandage. Cette conquête nouvelle est pour euxsi précieuse, que l’Indien qui possède un cheval ose à peine se livrer au sommeilquand la nuit est venue; il se tient à l’entrée de sa lente, la longe dans une main,le mousquet dans l’autre, et les jambes de l’animal attachées avec des courroies depeau. Malgré toutes ces précautions, il arrive quelquefois que, cédant à la fatigue, lechasseur ferme les yeux pendant quelques minutes et se réveille au bruit que faitson cheval, galopant sous un nouveau maître. •
Les Anglo-Américains, les Canadiens et les colons européens des îles de l’Inde occidentale, possèdent tous le cheval domestique. Les chevaux du Canada , généra-lement d’origine française , sont petits et grossiers, mais rustiques, vigoureux et d’unbon usage. Ceux des États-Unis sont de toutes variétés, originairement tirés d’An-gleterre, mais croisés avec les chevaux de course anglais de nos jours, et même avecdes étalons de Syrie et d’Arabie . Par suite de ces croiscmens et de la grande variété