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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE CHEVAL.

CHEVAL DE COURSE.

pleine de bassesse, d’ignominie et de cruauté, qu’elle en est incroyable; nous ne larapporterons pas parce que, selon nous, les pièces à l’appui ne sont pas suffisantes;que la malheureuse victime de ce conte est restée pendant plus de cent ans dans lesentrailles de la terre, sans qu’une seule voix se soit élevée pour prendre sa défense;enfin, parce que tout homme, jaloux d’une bonne réputation après sa mort, doit dé-sirer l’innocence du malheureux Frampton.

Le moyen de juger les succès des chevaux rivaux sur le turf, ne dépend pas seu-lement d’événemens que l’on peut prévoir, mais aussi de simples éventualités. Lejockey peut faire courir son cheval de manière à le faire perdre ou gagner; et di-verses circonstances peuvent influer sur le résultat des courses, sans s’y rapporteren rien. Mais, avant d’en parler, il serait bon de s’occuper un peu des diversesclasses de personnes qui prennent part à ce système prodigieux d’amusemens.

La classe la plus humble se compose des jeunes palefreniers ou grqoms. Lesoin d’un des chevaux est confié à chacun d’eux, et ils ont le droit de les monterpour leur faire prendre de l’exercice. Le nombre de ces pauvres enfans est grand. Ilscommencent leurs rudes travaux dans un âge si tendre, que l’écurie devient poureux un monde, au delà duquel leurs pensées ne s’étendent guère, et qui influe surtoutes les habitudes de leur vie. Un d’eux a publié un livre intitulé : Genius genuine(Je vrai génie). Un autre s’est réellement distingué comme homme de lettres, c’estHolckoft, qui jouissait dans son lems d’une certaine réputation comme écrivaindramatique et comme romancier, 11 a écrit l’histoire singulière d’un jeune groom.

« Les palefreniers, nous dit-il, se lèvent en été à deux heures et demie, et entrequatre et cinq heures en hiver. Lorsqu’ils s’éveillent successivement pour vaquer àleurs différentes occupations, les chevaux lès attendent déjà; ils hennissent de joieet sont impatiens d’avoir leur nourriture. Le repas distribué, les grooms secouent lalitière, arrangent les stalles convenablement et pansent les chevaux; on les montedans l’écurie même et on les mène sur les dunes ou sur les pelouses pour les y exer-cer pendant plusieurs heures. A leur retour, ils sont de nouveau pansés ; et seule-ment alors les grooms ont la permission de déjeûner ; aussi notre auteur ..assure-t-ilque rien n’égale le plaisir qu’ils éprouvent à faire ce repas. On reprend.ensuite lestravaux de l’écurie; puis, les chevaux sont reconduits aux manèges d’entraîne-ment, et exercés pendant long-tems. Ces chevaux, qui ont le sang très-ardent etqui sont devenus très-délicats et très-sensibles, à cause des couvertures qu’ils por-tent continuellement, sont ombrageux, souvent vicieux, s’effrayent facilement, etsont dangereux même dans leurs jeux. Les jeunes cavaliers acquièrent graduelle-ment l’habitude de se bien tenir en selle, s’attachant à leurs coursiers fougueuxdes genoux et des jambes, tandis qu’ils les dirigent avec adresse et courage. Par uncontact perpétuel avec ces créatures pétulantes et dangereuses, ils obtiennent sur

À!