LE CHEVAL.
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CIIEYAI, DE COURSE.
lequel il est destiné, mais en exagérant ainsi certaines qualités on en a sacrifiéd’autres : l’animal, en acquérant de la vitesse, a perdu de la force; sa constitu-tion même est devenue moins robuste. Ces défauts sont encore plus frappansdepuis qu’on a diminué la longueur de l’épreuve, et soumis les chevaux à l’entraî-nement dans un âge plus tendre. Réduire la durée de la course, c’est faire prévaloirla vitesse sur les qualités qui constituent la force et le fond, c’est pousser l’éleveurà surexciter chez l’animal cette énergie violente capable d’un effort puissant maissans durée. Pour arriver là on doit employer les stimulans de toute nature, onsoumet le sujet à un régime exceptionnel qui altère sa constitution, et dont lesinfluences se font sentir jusque dans sa progéniture. En réduisant ainsi ia courseà un galop furieux on en diminue l’intérêt, on ne laisse pas au cavalier le tems defaire valoir les qualités de son cheval. Mais si quelques raisons peuvent être allé-guées en faveur des courses de courte durée, il n’est pas d’excuse pour l’eniraîne-ment des animaux trop jeunes. IN’esl-ce pas agir contre toutes les lois de la physio-logie que d’exiger du cheval des efforts violens avant son complet développement,avant que les attaches des tendons et des muscles aient acquis toute leur solidité,que les os, les cartilages, tout l’appareil de la locomotion enfin ait pris toute saforce? Le cheval de course plus que tout autre réclame surtout celte attention et cesménagemens; cette vitesse exagérée qu’on lui demande, cet effort violent ins-tantané, cette tension de tout l’appareil musculaire et des organes respiratoiresn’est pas toujours sans danger pour sa santé ; les éparvins, les entorses, les her-nies, etc., en sont quelquefois la suite; combien de fois l’animal trouve dansces rudes exercices le germe de ces maladies qui plus lard se décèleront par ledésordre des fonctions de l’organisme! Les opérations même, de l’entraînementexigent que l’animal soit soumis à un régime particulier. Dès le moment où on lesépare de sa mère on Je séquestre, au lieu de le laisser à cette liberté du pâturagequi développe la santé et l’ardeur du jeune animal ; il est dressé, médicamenté, misen transpiration. Croit-on qu’un tel régime n’agit pas sur la constitution du pou-lain. Childers et Eclipse n’ont couru qu’à l’âge de 5 ans; soumis plus tôt à cesviolens exercices, ces types admirables eussent-ils atteint cette puissance demoyens à laquelle ils ont dû leur succès, et eussent-ils laissé cette brillante progé-niture, la gloire du a<r/anglais ? C’est par le sang des chevaux de course que sesont améliorés d’autres races : qu’arrivera-l-il si on laisse ce sang s’appauvrir parce traitement contre nature infligé au type reproducteur dans son jeune âge?IVest-ce pas là une occasion pour le législateur d’intervenir et de protéger ces noblesanimaux contre la cruauté et l’imprévoyance de leurs maîtres?