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LE CHEVAL.
DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CHEVAUX.
liers dans leur nouvelle patrie. On ne peut pas supposer qu’ils aient transportébeaucoup de chevaux dans un pays qui en possédait déjà, surtout n’ayant que lesvaisseaux petits et dangereux avec lesquels ils naviguaient sur les mers du Nord;c’est pourquoi on peut supposer que jusqu’au moment de la conquête des Normands en Angleterre, et plusieurs siècles après en Écosse , les chevaux de ces pays restè-rent tels qu’ils étaient lorsque les Romains les virent d’abord attelés aux chariotsdes Celtes.
Les Normands étaient une race mixte d’aventuriers belliqueux du Nord de l’Eu-rope , aimant ardemment les chevaux comme les compagnons de leurs travaux-guerriers et champêtres. Guillaume-le-Conquérant amena avec lui une cavalerienombreuse, à laquelle principalement il dut la première victoire qui le mit à mêmede faire la loi au pays; ses successeurs et les seigneurs féodaux conservèrentdans les siècles suivans l’attachement des Normands pour tout ce qui regardaitles chevaux. Les Normands, alors qu’ils eurent conquis le pays, ne le coloni-sèrent pas ainsi que l’avaient fait les Saxons. Ils lui imposèrent leurs lois et leurgouvernement; mais ils étaient trop peu nombreux pour altérer sensiblement lecaractère social, le langage ou les habitudes de tout un peuple. Néanmoins, de laconquête des Normands date un changement dans la race chevaline en Angleterre.Des communications s’ouvrirent alors avec la France, les Pays-Bas et diverses par-ties de la Germanie les plus voisines, et l’on put obtenir des chevaux supérieurs àceux que possédaient les anciens Bretons et les Anglo-Saxons . Celte époque, quilut celle de la chevalerie, avait besoin de chevaux d’une grande taille et d’uneforce proportionnée au poids des cavaliers et des hommes de guerre pesammentarmés. Les grands chevaux noirs flamands et des plaines de la Germ'anie étaientfort recherchés, et nos chroniques les plus anciennes nous apprennent que lesprinces normands avaient recours fréquemment à ces pays pour former leurs haraset leurs armées. Les croisades firent connaître ces beaux et élégans coursiers queproduisaient des pays lointains, sous un climat plus heureux, et peu à peu péné-trèrent en Angleterre des chevaux d’Espagne, d’Italie , de Barbarie et de l’Orient.Ces importations furent pendant long-temsde trop peu d’importance pour pouvoiravoir quelque influence sur les races anglo-normandes.. Plusieurs siècles se passè-rent avant que les races robustes et un peu grossières prissent quelque chose desformes élégantes des chevaux du Midi ou du Levant. L’usage de l’artillerie à laguerre, et l’abandon des lourdes armures qui en fut la conséquence, fil à la longuedonner la préférence aux chevaux vifs et élancés. Henri Ylll fut le dernier desprinces anglais qui paya un tribut aux usages de la chevalerie. Avec le règne d’Éu-sabeth s’éteignit même le goût des joûtes et des tournois, et il disparut entière-ment sous le règne de son successeur. Jacques donna un nouveau caractère aux