LE CHEVAL.
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nourriture peut produire. La forme primitive de ce cheval est ronde et massive, lapoitrine est large, le cou fort et musculeux; les membres sont courts, robustes etvelus. Ces animaux possèdent une grande force physique et beaucoup d’énergie,mais manquent de légèreté et de vitesse. La race offre toutes sortes de variétés detaille, depuis le petit cheval de selle allemand jusqu’aux chevaux de trait de laplus grande taille.
Cette race, si répandue, existe également en Angleterre, où elle offre les mêmescaractères généraux que dans les Pays-Bas. On la trouve assez multipliée depuisl’Humber jusqu’au Cam, occupant les riches marécages de Lincoln et de Cambridge,et s’étendant, à l’ouest, vers les comtés de Hunlingdon, Norlhampton, Leicester,Nottingham, Derby, Warwick et Stafford jusqu’à la Severn . Plus nombreux dansces pays de riches pâturages, les sujets de cette race se sont étendus encore au nordet bien loin au sud dans les plaines calcaires, conservant les caractères primitifs, maisvariant selon le sol, le climat, la nourriture et les autres circonstances. Sur les solspauvres, ils offrent l’aspect du cheval de somme, commun, différant d’aspect de laplupart des anciens chevaux de l’Angleterre; mais dans les marécages et les con-trées mieux cultivées, ils possèdent la force et la taille des plus grands chevaux quele monde produise.
L’ancien cheval noir (biack horse ) des marécages et des contrées du Centre diffère,à plusieurs égards, des races qu’on élève aujourd’hui. 11 est bien peu de sujets decette espèce qui aient conservé la rudesse du type primitif; mais on en rencontre en-core des individus isolés, sur les limites des pâturages communs, ou chez de très-anciens fermiers, d’après lesquels on peut juger du changement opéré dans la racepar les soins et le tems. Ces anciens chevaux possèdent la forme massive qui carac-térise la race chevaline noire dans les pays de fertiles pâturages. Ils ont la tête gros-sière, les oreilles grandes et les lèvres épaisses, largement garnies de poils; l’épauleest lourde, mal faite, les membres robustes et velus, les sabots larges et les pâtu-rons courts et droits. Ils sont forts, mais mous et sans ardeur. Les premières tenta-tives pour améliorer cette race grossière furent faites par un des comtes de Hun-tingdon, qui importa plusieurs étalons hollandais, et,après beaucoup de difficultés,persuada ses fermiers des bords du Trent d’en essayer. Beaucoup d’années après,Richard Bakevvell, de Dishley, dans le comté de Leicester, commença à appliquerà l’amélioration du cheval de trait les principes introduits par lui avec tant de suc-cès dans l’élève des autres animaux domestiques. Il agit d’après cette pensée, queles qualités des parens, sous le rapport des formes et du tempérament, peuvent setransmettre à leur progéniture et se perpétuer par une reproduction habilement di-rigée. 11 alla lui-même en Hollande et en ramena plusieurs jumens, qu’il croisa avecdes étalons indigènes, et par des choix rationnels il finit par obtenir une race qui