2.60 De la construction des Plate-bandesaffectèrent au contraire de les tenir très-serrés, afin de soulagerla portée de ces blocs de marbre, & de faciliter k la fois leur élé-vation fur les colonnes , dont l’écartement excédoit rarement deuxdiamètres.
Ces fortes de plate-bandes, étant d’une feule piece, n’avoientévidemment point de poussée , mais feulement de la portée d’unmilieu de colonne 'a l’autre; aussi les Grecs avoient- ils contracték cette occasion , l’ufage de ne point accoupler les colonnes »mais de les placer toujours une k une , même dans les anglestant intérieurs qu’extérieurs de leurs bâtimens ; procédé qui futadopté ensuite par les Romains.
Pour assurer la solidité des plate-bandes , les Anciens fe con-tentoient de contenir le haut & le bas de leurs colonnes, quisouvent étoient toutes d’une piece : pour cet effet ils plaçoietntdeux mandrins de fer, l’un dans l’extrémité inférieure du fût,c’est-k-dire vers la baie , & l’autre dans l’extrémité supérieure pé-nétrant le chapiteau, l’architrave , la frise , & souvent la cor-rnche. Ce mandrin supérieur étoit saisi au-dessus du chapiteau,par un tiran qui , en passant par-dessous l’architrave où il étoitentaillé de son épaisseur , lioit ensemble le mandrin des colon-nes voisines. Personne n’a remarqué, s’ils mettoient encore un au-tre tiran entre l’architrave & la frise, mais cela est très - vraisem-blable : quoi qu’il en soit, pour masquer la vue de ces tirans passantpar-dessous les plate-bandes , ils revêtissoient l’encastrement def suc ou de mastic , ou bien lorsou’ils vouloient décorer avecbeaucoup de magnificence un édifice , ils plaçoient sous lesarchitraves des rosettes de bronze attachées à vis dans ces tirans rce qui les déroboit absolument k la vue, & servoit même a conte-nir solidement ces ornemens.
Pour mieux faire concevoir ces constructions, nous avons re-présenté (PI. Xll.fig. i &2) l’entrecolonnement des trois colon-nes de Campo-vaccino , qui faisoient autrefois partie du Templede Jupiter Stator k Rome, & qui sont un des plus beaux exe m-