316 De la construction des Piate-bandes
Pour ce qui est des sommiers, je pense que pour leur donnerplus de force, sur-tout quand les colonnes font solitaires, il seroitbon de les faire de deux astìses de pierre dure, placées suivantleurs lits, entretenues par deux gougeons , & de les tailler demaniéré k pouvoir soutenir par leurs coupes les contre-som-miers.
Lorsqu’il y auroit k l’extrémité des piate-bandes de bons corpsde maçonnerie pour les contenir, il suffiroit de mettre un seul ti-rait horisontal par-deíïous les claveaux; mais pour celles qui abou-tiroient du mur fur les colonnes dans le cas d’un peristile, il fau-droit , outre le tiran perpendiculaire fous l’architrave , en pla-cer encore un autre semblable sur le sommet des claveaux , &ajouter seulement une espece d’axe de fer au droit de chaque clef,pour contenir des chaînes destinées k supporter par des étriers lesvoussoirs des plafonds, suivant ce qui a été observé k la Place deLouis XV.
On termineroit le travail de cette plate-bande en maçonnantde mortier le dessous de l’encastrement , pour masquer le tiran quiauroit peu k craindre la rouille, k l’occasion de ce qusil auroit étéétamé , ou bien en faisant usage de mastic de composition kl’exemple de ce qui a été pratiqué en plusieurs endroits. Enfin l'onfiniroit par couler les joints avec du mortier de chaux ôc fable,fait avec tour le foin possible, & non avec du plâtre , par la rai-son que ce dernier n’a qu’une action factice ; il paroît k la bonne-beure pour le moment contribuer k resserrer la tête des claveaux ;mais bientôt l’humidité que recele l'intérieur de la pierre le dé-compose & rend nul son effet : tandis que le bon mortier se dur-cit dans l’humidité,& s’incorporant dans les pierres, les lie véri-tablement au bout d’un tems ; de forte qu’en supposant que par lasuite les tirans vinssent k être détruits par la rouille , la liaisonqu’il peut opérer seroit capable d'y suppléer , & de faire des cla-veaux d’une plate-bande, un tout porté fur ses points d’appui fanspoussée.