Buch 
Mémoires sur les objets les plus importans de l'architecture / par M. Patte ...; ouvrage enrichi de nombre de planches gravées en taille-douce
JPEG-Download
 

it des Plafonds des Colonnades. 317Quant k la grosseur des tirans, on les proportionneroit, de mêmeque les mandrins daxe, k la grandeur de la plate-bande, & k lef-fort quils íeroient dobligation de contreventer. En calculant lepoids de lentablement & celui du plafond , on connoîtroit parapproximation, avec les expériences de M. deJ3uffon, la résistanceque l'on peut se promettre (a).

II est vraisemblable que par cette construction raisonnée , ondéroberoit au hasard tout ce quil est possible de lui dérober enpareilles circonstances, & que tout y seroit dirigé pour la plusgrande durée de ces sortes douvrages. Au surplus, je laisse apprécierces observations fur ce qui peut constituer la parfaite exécutiondes plate-bandes, par comparaison avec les exemples du Louvre ,de la Place de Louis XV, & du Portail de Saint Sulpice (A).

(a) II ne faut pas croire que lon puissecentenir au-dela dun certain point la pousséed'une plate-bande, en multipliant les tirans;car le mandrin daxe demeurant toujours lemême , fa grosseur étant limitée , Sc dailleursetant saisi par les tirans dans une situation for-cée, il est palpable qu'il ne fçauroit avoir quunerésistance relative Sc non indéfinie : voilà pour-quoi dans la construction des portiques avec desarcliitraves à claveaux, on place rarement unecolonne en retour fur langle fans être accou-plée, encore faut-ilquil ny ait au plus que troisentre-colonnes de fuite ; car lorfquil y en adavantage, le mandrin daxe devient insuffisantpour résister à un pareil effort, & il faut detoute nécessité opposer de gros pavillons ou descorps de maçonnerie capables de le contreventer.

(b) Outre les remarques générales que lonpeut faire fur ces constructions, il en est departiculières quil ne faut pas omettre. Les tiransdiagonaux du péristile du Louvre , paroissentabsolument inutiles ; & cela est si vrai, quoutreles expériences qui peuvent prouver quil y adans cette construction beaucoup plus de ferquil ne faut pour contenir les poussées, onsapperçoit que les clavettes jouent dans lesmouffles, & que ces tirans ne servent par consé-quent en rien pour solider Taxe des colonnes.Perrault fut d amant plus excusable de ce sur-croît de force, que nayant point encore été faitde semblables ouvrages, dans lincertitude dece qui étoit nécessaire , il crut devoir multi-plier la résistance. Ce que lon doit principale-

ment estimer, ainsi que je Iai dit , dans !arépartition de ses fers , c'est quils ne fonttous que la fonction de tirer dans ses plate-bandes , fans rien supporter;& quen supposantles yeux de ses tirans bien solides & que larouille ne les puisse détruire , sa constructiondoit avoir la plus grande force.

Dans les bâtimens de la Place du Roi, tousles fers font au contraire employés à la foisà tirer & à porter ; il y a un tirait T dans lemilieu du mur, qui me paroît de trop : peut-êtreaussi auroit-011 pu se passer du linteau K ,en disposant le bas des étriers en forme d cZ,pour soutenir les claveaux de larchitrave : àcela près, il faut convenir que les fers fontrépartis avec beaucoup dintelligcnce : il ny aqu'un tiran horisontal suivant la face du bâ-timent , tandis quil y en a deux perpendicu-laires suivant sa profondeur:ce qui esttrès-bienraisonné, attendu <pe ks premieres plate-ban-des doivent être réputées suffisamment conte-nues par les pavillons des extrémités , tandisque les autres poussant au vuide fur la facedu bâtiment, ont pat conséquent besoin deplus de résistance. La façon dont est soutenu1 e plafond, mérite de servir de modelé en pa-reil cas , & je la trouve bien supérieure à celledu Louvre : car il sen faut bien que les T àgrosses têtes supportent aussi efficacement 1 ebouchon , que les étriers.

Lentablement du porche de Saint Sulpice estconstruit dans le même esprit que l'édifice pré-cédent. Tous Ics fers y fout également eit*-