z 2,6 Description de ia constructionsomme pour son principal Elève, ainsi que de payer les gages deses domestiques ; mais rien ne pu: le faire changer de résolution.La veille de son départ, Charles Perrault, premier Commis desbâtimens, lui porta soixante- douze mille livres de la part du Roi,le brevet d’une pension de douze mille livres pour lui , & uneautre de douze cens livres pour son fils. II laissa seulement sonprincipal Elève, pour conduire l’exécution de ses desseins (a).
Article Quatrième.
Raisons qui firent abandonner Vexécution du projet du CavalierBernin , & comment celui de Claude Perrault fut préféré.
X_jORSQUE le Cavalier Bernin fut parti , les critiques se déchaî-nèrent ouvertement contre lui. On adressa des mémoires à M. Col-bert où l’on faisoit voir que son projet ne pouvoit être exécuté qu’audétriment du Louvre : on y démontroit qu’il falloit abattre pour ceteffet la plus grande partie de ce que lesRois prédécesseurs avoient faitconstruire ; que cet Artiste ne s’étoit assujéti à aucune des conditionsqu’on lui avoit essentiellement imposées ; quel’appartementdu Roiseroit d’ailleurs, en suivant son plan, distribué sans aucune des com-modités d'u sage ; & qu’enfin, malgré l’immensité de cette maison-royale, il n’y auroit pas de logemens pour la moitié des Officiers.
Ces raisons ayant frappé le Ministre, le déterminèrent a aban-donner le projet du Cavalier Bernin, pour jetter les yeux fur quel-qu’autre qui n’eut point sesinconvéniens. Le choix seul l’embarras-soit ; quoiqu’il n’ignorâtpas l’applaudissement général qu’on avoitdonné au dessein de Claude Perrault, lors du concours, il hésitoità l’adopter : il lui paroissoit singulier ’ de préférer le projet d’unhomme qui n’étoit connu dans le monde que pour un sçavant Mé-decin & une personne de goût, k toutes les pensées des Maîtresde l’Art. Dès les commencemens même que le bruit se répandit
0 ») Mcmoirts ic M. Charles Perrault, pages no Sc suivantes.