34^ Mémoire sur l’achèvementmilliers. Mais comme ces deux fers , outre leur fonction de tirer,font encore employés k porter par des étriers les claveaux de lafrise & de l’architrave de l’entre-colonnement, il s’ensuit que cettedouble action doit énerver beaucoup leur force , & qu’il s’en fautbien qu’ils puissent en effet opérer une résistance de foixante-douzemilliers.
Quoi qu’il en soit, supposons le dégré de force le plus favo-rable kl’cxécution de l’épure dont il s’agit, & voyons quel est lepoid du grand arc, & de la partie d’entablement que ces tiransseront d’obligation de porter. En calculant la moitié du poids deTare jusqu’k son arrivée sur l’entablement, y compris la partie cor-respondante de la corniche rampante, on trouve quinze cent piedscubes, ou cent soixante & douze milliers pesant, k raison de centquinze livres le pied cube de Saint-Leu : en calculant aussi la par-tie de la plate-bande portée par des étriers fur les tirans au droit del’entre-colonne, on trouve encore que c’est un objet de plus dequarante milliers :ccs deux fardeaux font donc ensemble deux centdouze milliers. Or comme nous savons fait voir dans le cas le plusfavorable , les deux tirans ne sauroient supporter plus de foixante-douze milliers, d'où il résulte qu’il y aura un poids de cent quaran-te-quatre milliers , au-delk de la résistance qu’ils peuvent opposer*
Mais, peut-être, dira-t-on que l’entablement par lui-même, in-dépendamment des tirans, peut avoir la force nécessaire pour sup-porter cette charge du grand arc. II est encore aisé de prouver lecontraire : cet arc qui n’aura que trois pieds & demi d’épaisseur,ne sijauroit, vu qu’il agit en forme de coin, & que tout l’effortde fa pesanteur se dirige vers le point A , opérer son effet sur l’en-tablement , que sur une base au plus de cinq pieds de superficie :en appliquant dans toute leur simplicité les expériences de M. Per-ronet , dont il a été dé j k question page 308, sçavoir qu’un piedcube peut seulement porter, sans s’écraser sous le fardeau, jusqu’kçent soixante pieds cubes, on verra qu’en divisant le nombre despieds cubes de Tare, c’est-k-dire, quinze cent par cinq, on aura