du Portail de Saint Sulpice. 347trois cens au lieu de cent soixante. Donc on aura cent quarantepieds cubes de plus qu’il ne faut par chaque pied de superficiede la base où s’opérera l’effort de la pesanteur. Donc l’arc k sa re-tombée A sur l’entablement ne peut manquer de l’écraser, & d’oc-éasionner une rupture dans la plate-bande , seulement à cause deson poids, & quand bien même, ce qui n’est par vrai, comme onl’a vu ci-devant, les chaînes de fer ou tirans seroient capables d’o-pérer une résistance suffisante.
Par ces preuves de fait, on peut juger combien l'on a eu rai-son , ! il y a vingt ans , de condamner cette construction, & queldanger il y auroit eu de l'adopter pour l’exécution du fronton enquestion.
Article Troisième.
Moyen de conjlruíre le Fronton d’une maniéré solide.
Cependant l’exécution d’un fronton sur les colonnes du secondordre, est d’une si grande conséquence pour la perfection de ceMonument , que j'ai cru important de rechercher s’il étoit vraiqu’il ne fût pas possible , k l’aide des ressources de l’Art, de don-ner à fa construction une légèreté qui, fans faire de tort k la so-lidité , sût capable d’ôter toute inquiétude par rapport k la sur-charge , tant sur les colonnes , que fur l’entablement ionique.Je puis traiter d’autant plus pertinemment cette matière, que, quoi-que jeune lors de l’exécution du second ordre, j'en ai suivi tousles détails de la construction, que j’ai conservés.
Comme je me propose de ne rien avancer que je ne le prou-ve , je prie les Lecteurs de ne rien nier, qu’ils ne le réfutent pardes raisons de fait, & motivées ; car ce ne font pas les gens éclai-rés & de bonne foi qui font k craindre, mais ceux qui, fans avoirrien k objecter , affectent, par malignité, de ne fe point rendrek l’évidence, de peur d’applaudir aux productions d’autrui.
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