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Mémoires sur les objets les plus importans de l'architecture / par M. Patte ...; ouvrage enrichi de nombre de planches gravées en taille-douce
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sur le Mémoire précédent. 3^9

pour solider sa construction, (a) En faisant mûrement attentionau parti que je tire de mes fers, on sappercevra que, non-feule-ment ils produisent le bon effet de lier ensemble les deux mursde mon fronton, & quils leur donnent une inhérence parfaite,en rendant leur force indivisible ; mais encore quils fervent kme dispenser de placer sur les colonnes ioniques, qui font la par-tie la plus foible, un poids aussi considérable que fur le mur quileur est adossé, & en même tems a rejette r une partie de son far-deau vers cet endroit.

II nest pas douteux que fans tout lavantage que me procurentmes linteaux & mes tirans, au lieu de dix-huit pouces que je don-ne à mon tympan, je serois obligé de lui donner au moins deuxpieds dépaiífeur ; mais il sen faudroit bien qualors, jeuífe autantde liaison quauparavant; mon fardeau ne seroit plus réparti pro-portionnellement à la maniéré dêcre des supports : tout se trouve-roit placé au hasard, sans jugement, fans distinction. Dire quilne faut pas de fer en semblables circonstances, cest avancer unechose démentie par lexemple de toutes les grandes constructions,tant anciennes que gothiques & modernes. Ce nest pourtant pasque je prétende inférer de-lh quon doive prodiguer les fers, com-me on l'a fait souvent par le passé; mais je crois que si lon doitles ménager, lorsque lon construit en pierres dures, on 11e sçau-roit se dispenser den user en bâtissant en Saint-Leu, comme dansle cas dont il est ici question, attendu que par leur nature spon-gieuse , ces pierres buvant Peau du mortier , avant quil aitfait fa prise, rendent nulle son action, de sorte que leurs coursdassises ne peuvent se soutenir en partie que par leur coupe, leurliaison, leur à-plomb , ôc les fers dont on les arme. Cette consi-dération doit certainement demander la plus grande attention. En

(-r) Cest par etreur quil sétoit glissé dans mon Mémoire, que Perrault avoir employé sesfers seulement à tirer dans le tympan du fronton du Louvre: c art, suivant les desseins que jeaai produits à lAcadémie, ils font employés également à tirer & à supporter, ainsi que le prou-vent les potences de fer dont il a fait usage, & que j'ai adopté dans mon projet. Dans monsecond volume je donnerai les détails de la cbhstiu'ction de ce fronton-.