z6o Éclaircisse mens
un mot, tant qu’on n’alléguera que des opinions contre l’évidencede mes raisons, & qu’il subsistera , pour preuve décisive en mafaveur, une autorité telle que celle du fronton du Louvre, où enpareille circonstance on a regardé comme une prudence de nepas épargner les fers, il est à croire que l’on ne sçauroit conclureà la suppression des miens.
J’ai encore prévenu la question qu’on pouvoit me faire par rap-port k l’inégalité de répartition du fardeau de mon fronton, enfaisant voir que les hauteurs des points d’appui étant les mêmes,leur force devoit être relative k leur masse; <Sc qu’ainsi chaque co-lonne ionique étant un solide de trois cens cinquante-cinq piedscubes, tandis que la partie correspondante du mur adossé k cha-cune , étoit un solide de neuf cens quatre-vingt pieds, il s’ensui-voit qu’on ne pouvoit que m’approuver d’avoir reparti le poidsdes deux murs de mon fronton, proportionnellement k la forcede ces différens supports.
Non content de ces solutions, j’ai voulu lever tout doute quel-conque, au sujet du poids démon fronton,& décider fans répli-qué que les colonnes ioniques font en état de le supporter. J’aifait voir que l’ordre corinthien couronné d’un fronton élevé surle mur pignon du portail, sembloit avoir été construit exprès pourservir k la démonstration dont il s’agit : même qualité de pierre,même construction, même espacement de colonnes, soit du mur,soit entr’elles ; d’où il résulte que les différentes hauteurs & gros-seurs des colonnes doivent respectivement décider de leur fardeau,& que l’on peut naturellement conclure, par ce que les unes fup-,portent, ce que les autres pourront supporter. Or, en comparantd’une part la solidité d’une colonne corinthienne, avec la partie defronton &-d’entablement dont elle est chargée, & de l’autre partla solidité des colonnes ioniques, avec la partie de fronton corres-pondante que je propose de leur faire porter, j’ai prouvé par tousles détails que j’ai remis k l’Académie avec les cottes & les mesures,qu’en ne considérant que la différence de leur diamètre, c’est-k-dire,
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