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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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II

DES TAILLIS .

très-fourré. Je lai fait éclaircir : jai laissé subsisterles plus beaux brins 3 mais jai abattu les brindilles,et même les brins qui 11étaient pas au moins à ladistance de quatre pieds. Jestime que ceux que jailaissé subsister sont à six pieds moyennement, et quelarpent en contient quatorze à quinze cents. Je puisassurer que ce taillis a pris au moins cinq pieds délé-vation en trois ans, et jai été si satisfait de ce succès,que jai fait exécuter, depuis, de semblables éclair-cies sur des taillis plus âgés et plus étendus (1).

(1) Ce fait que je rapporte na pas été' ma première tentative en ce-genre. Dans une terre dont mon père mavait confié ladministration ,javais ouvert , en face de la maison , une allée principale , dont lundes côtés bordait une futaie , lautre un taillis , quon était daus lusagede couper tous les neuf ans. Jen suspendis la coupe , et y fis quelqueséclaircies , moins, à la vérité , par des raisons déconomie et dunmeilleur aménagement, quà dessein de donner plus de grâce à lallée.Ce bois peut avoir aujourdhui ( 1790 ) quarante ans. Je ne dirai pas quilsoit aussi élevé ni aussi beau que lancienne futaie ; mais je puis direquactuellement les deux côtés de lallée sont assez daccord à lœil pourproduire un bel effet.

La futaie dont je parle avait été jardinéc autrefois, il sy trouvait desclairières. Persuadé quelles pouvaient être rétablies par quelque artifice ,persuadé également que cest moins lombre qui soppose à la reprise desarbres dont on veut regarnir les clairières , que les racines des arbresvoisins , qui , rencontrant une terre fraîchement ameublie , sy jettentavec abondance et affament le nouvel arbre , jimaginai de ne pointplanter mes remplacemens dans un creux , mais sur une élévation. A ceteffet je faisais tracer au cordeau deux cercles concentriques , lun de trois ,lautre de quatre pieds de rayon ; à laide de ce tracé , lon creusait autourdu centre commun , larbre devait être placé , un petit fossé dun piedde largeur sur douze à quinze pouces de profondeur , et lon couvraitlaire du cercle intérieur avec la première couche de gazon extraite dupetit fossé. On plaçait larbre sur cette terre remuée , de manière que sesracines se trouvaient à six pouces environ au-dessus du sol naturel, quonnavait garde de défoncer. En achevant le fossé , on en rejettait les terressur les racines. Lopération achevée , larbre paraissait planté sur uncône surbaissé , ou sur une large taupière. Cette plantation ne me reve-nait quà environ deux sous et demi par arbre.

Il faut intercepter le prolongement des racines qui se rencontrent dansle petit fossé , en les coupant avec soin , ce que mes ouvriers exécutaientavec assez dadresse , dans un terrain privé de pierres et de cailloux , ense servant dune petite bêche très-tranchante quils nomment un rocket.

Jessayai de planter de la sorte des ormes , des merisiers , des frênes ,des tilleuls, des platanes, du sorbier des oiseleurs, des érables , des châtai-gniers , des peupliers , et jusquà un tulipier. Les châtaigniers ne reprirent