Buch 
1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
Entstehung
Seite
83
JPEG-Download
 

REPONSE A UNE CRITIQUE.

83

RÉPONSE

Aux Observations adressées par M. le M. de B .

à la Société royale d'Agriculture, au sujet desMémoires de M. de Feuille sur l’administrationdes forêts.

Ije mémoire auquel je réponds offre un nouvel exempledes mille et mille contradictions si souvent et si justementreprochées aux auteurs qui ont écrit sur l’agriculture. Cepen-dant la science dont ils traitent est principalement fondée surdes faits. Par quelle fatalité la plupart de leurs résultats dif-fèrent-ils donc aussi essentiellement? Pourquoi leurs assertionssont-elles aussi fréquemment contradictoires ? C’est que l’ea;—périence , qu’ils ne manquent jamais de mettre eu avant, àl’appui de leurs assertions, est un mot employé par eux dansdeux acceptions différentes. De là naissent le sophisme , et dusophisme les contradictions.

Si, par expériences, on entend des épreuves particulièresfaites spécialement, et par des mains un peu habiles , sur unobjet soumis à l’examen , ces épreuves donnent presque tou-jours des vérités et des résultats rarement contredits.

Si au contraire on entend seulement par expérience cetteconnaissance vague , acquise par un long usage des choses ,sans beaucoup de réflexion et sans un examen approfondi,plus cet usage est invétéré, plus il confirme le préjugé, laroutine et l’erreur.

Lorsque le célèbre Buffon , après avoir conçu et généraliséla belle idée du maximum de la croissance des bois, désiraitcj^u’on trouvât une méthode qui pût le déterminer avec préci-sion ; lorsqu’il donnait ce problème à résoudre aux physiciensqui travailleraient après lui sur les forêts , le mot précisiondont il s’est servi , proscrivait d’avance des bases aussi indé-terminées , aussi arbitraires, aussi fautives que le sont desventes , dont le prix dépend le plus souvent de la fantaisie del’acheteur , ou de l’ignorance du vendeur , ou du caprice ins-tantané d’un adjudicataire qui se détermine à la chaleur desenchères.

J’ai dû, en suivant la route que le plus beau génie du siècle