12 aménagement
Ces éclaircies n’ont tout au plus rendu que ledouble des frais de l’exploitation , et cela devaitêtre, vu la jeunesse du bois , et la difficulté quetrouvaient les ouvriers à le façonner et à le sortir.Mais les frais et le produit eussent-ils été au pair, cesouvriers ont été employés utilement pour eux-mêmes , et ce menu bois , qui aurait péri sur place ,et qui n’eût servi qu’à retarder l’accroissement desbrins que j’ai laissé subsister, n’a pas été perdu pourla consommation.
Dans quelques années , si je reconnais que l’épais-seur des couches se ralentit, je me propose de faireune seconde éclaircie, et de donner aux brins la dis-tance moyenne de sept pieds. Alors l’arpent con-tiendra réellement les neuf cents brins qu’a supposéDuhamel. Cette coupe sera plus lucrative que la
pas y quoiqu’il y en exil de gros dans la futaie ; les peupliers , après avoirpoussé , languirent et périrent ; les frênes , les ormes , les merisiers etles platanes re'ussirent le mieux. Plusieurs ormes jettèrent des branches deplus de cinq pieds dès la première année ; mais le tulipier , très-rarealors , y fit des progrès surprenans. J’étais attaché à cet arbre , que j’avaisconstamment cultivé moi-même , et que j’avais apporté de Paris dans unpot. Quoique très-petit lorsque je m’avisai de le planter en plein bois , ily avait acquis, en peu d’années , plus de quatre pouces de diamètre , etune élévation proportionnée. Quand la terre fut vendue , je me réservaila faculté de l’arracher. J’étais absent, on y procéda mal j il fut trans-porté dans un lieu sec , il a péri.
La plantation que je viens de décrire demande de l’attention. Si l’on n’apas soin de rafraîchir les fossés , ils se comblent , alors les racines cou-pées n’en repoussent que plus fortement. Les petites buttes exigent aussid’être labourées tous les ans , jusqu’à ce que l’arbre soit fort ; non-seule-ment afin qu’il acquière plus d’accroissement et de vigueur en moins detems j mais afin que la terre remuée boive l’eau des pluies. Sans cetteprécaution , l’eau glisse sur la butte comme sur un toit, sur-tout si leterrain contient de l’argile , et l’arbre périt de soif. Dans les lieux bas ,au contraire , les eaux séjournent dans le fosse , morfondent les racines,et la butte se couvre de mousse. L’acquéreur , peu instruit de ces pré-cautions indispensables , les a négligées. J’ai revu la suite de ces épreuvesîi y a peu d’années ; plusieurs buttes subsistaient encore , quelques arbresplus avantageusement placés que les autres témoignaient de la vigueur ,mais la plupart avaient péri.
Quoique cette expérience n’ait qu’un faible rapport avec l’objet de cemémoire , j’ai espéré qu’eu voudrait bien m’en passer iç récit dans uneno:e où je l’ai reléguée.