8 4 RÉPONSE
m’avait tracée, fonder ma méthode sur des bases immuables etd’éternelle vérité , sur des bases mathématiques , dont l’appli-cation n’admet aucune autre erreur que celles qui proviennent del'imperfection de l’instrument dont on se sert pour le mesurage.
Ma méthode n’est point par elle-même une expérience ,mais elle est le développement démontré d’un procédé âsuivre pour faire des expériences avec certitude : choses très-
différentes , et que néanmoins M. de B., qui m’a critiqué ,
a confondues.
« L’application de votre méthode, m’a-t-il dit , sur un» certain nombre de brins ou d’arpens , et ces calculs mimi-» lieux ressemblent beaucoup aux spéculations denosculti-» vateurs prétendus qui, n’ayant jamais fait d 'expériences que» dans des pots ou des caisses sur leurs fenêtres , calculent le» nombre des grains de blé provenans d’un épi cru dans ces» vastes terrains ; et sans ri avoir jamais vu tant seulement un» arpent de terre cultivé , envoient leurs idées comme des» oracles aux cultivateurs que Y expérience a souvent plus» éclairés que tous les raisonnemens ».
Sans m’arrêter à ce mot expérience pris en deux sens très-différens dans le même paragraphe ; sans m’arrêter ni au peude confiance que s’attire Y expérience qui n’est point éclairée
par le raisonnement ni au peu d’indulgence de M. B.,
je prendrai la liberté de lui répondre que , dès l’instant qu’ilm’aura fait appercevoir la plus légère différence entre deschênes crus au milieu de vingt arpens , et des chênes crus aumilieu de vingt mille arpens, en supposant l’âge égal et lesterrains semblables, j'admettrai sa comparaison.
La découverte d’une mélhode pour connaître avec exacti-tude les grossissemens progressifs d’un taillis , m’a conduitnaturellement au système des aménagemens par éclaircies ,que je n’ai proposé néanmoins qu’après en avoir fait l’épreuve.
M. de B.convient que cette méthode serait la meilleure
de toutes, et , a à vrai dire , la seule pour former des fulaies» avec avantage , si elle était praticable. Elle peut l’être,» ajoute-t-il, rigoureusement, en petit ; mais elle est d’une» difficulté approchant de l’impossibilité en grand. S’il en» était, continue l’auteur , d’une masse de bois comme d’un» plant d’asperges , on pourrait aisément faire cet éclairci;» mais il ne voit que cette parité qui puisse rendre l’opération» praticable».
Je crois l’opération de l’éclaircie que j’ai proposée prati-cable , sans être tenu rigoureusement d’admettre l’ingénieuse
parité de M. de B. Depuis ma jeunesse j’ai tous les ans
sous les yeux une fort belle forêt aujourd’hui nationale. Elle