Io6 PLANTATION DES COMMUNES , etc.parce que l’obligation où l’on est de curer de terris entems les fossés , pour rehausser les bermes, ajouteraun nouvel engrais à l'épaisseur déjà double de la terrevégétale.
Au contraire , l’épaisseur de la terre végétale au-delà du fossé est tout au plus telle que la nature l’adonnée , quelquefois même elle est moindre ; d’ail-leurs les racines de l’arbre sont trop souvent endom-magées par le fer de la charrue -, lorsqu’après avoirlong-tems langui dans la petite fosse qu’on lui a creu-sée , il prend enfin l’essor aux dépens de ce qui l’en-vironne.
Serai-je accusé d’exagération, si je dis que chaquearbre enlève moyennement au moins la quantité d’unquart de boisseau aux productions céréales? Mais enfaut-il conclure la suppression totale de la plantationdes routes, et condamner au-delà de quatre-vingtmille arpens à une éternelle stérilité ? Evitons de nousjetter d’un excès dans un autre excès •, rappelions-nous ce que dit Palissy ; méditons sur la pénurie oùnous sommes tombés relativement aux combustibles;prenons garde qu’elle est encore augmentée depuis lesiècle où cet homme célèbre a vécu , et plantons lesroutes, mais planlons-les sans nuire aux propriétésriveraines ; ne perdons pas de vue que , dans les étésarides , la fraîcheur de l’ombre soulage les malheu-reux animaux qui traînent avec effort une lourdecharge ; considérons enfin que le nombre des hommesqui cheminent péniblement à pied , excède de beau-coup celui de ces riches voyageurs qui , mollementassis à l’abri de l’intempérie des saisons et de l’ardeurdes rayons d’un soleil brûlant , courent avec rapiditédans une voiture légère.