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En général les bois de la zone torride sont incompa-rablement plus lourds et pins durs que les nôtres. Onverra qu’il se montre une différence de plus de vingt-deux livres par pied cube entre le plus lourd des boisde 1 Europe et le plus lourd des bois de la Guiane.
Les bois rouges m’onl paru plus communs entreles tropiques que les bois blancs ne le sont dans leszones tempérées. La configuration des fibres , celledes pores, le tissu intérieur sont totalement dissem-blables : je crois , par exemple, qu’il est presque im-possible de déterminer dans la Guiane l’âge d’unarbre par ses couches annuelles , sur-tout s’il a crudans un terrain perpétuellement arrosé.
Je n’ai reconnu , dans aucun de mes échantillons,ce& fibres longitudinales et coriaces qui s’appliquentimmédiatement contre la dernière couche de la plu-part de nos arbres d’Europe , dès que la sève se re-nouvelle. ( Voyez partie II, page i3. )
La force et l’élasticité des bois exotiques nous sontencore totalement inconnues. Qui peut prédire quellesera la mesure de résistance du bois de corne , com-parée avec celle du chêne ? Et cependant de quelleutilité ne serait-il pas pour les arts de connaître unbois inattaquable aux insectes , et qui , sous un petitvolume, fût capable d’opposer une forte résistance?
J’aurais voulu pouvoir donner le nom botanique àla suite du nom vulgaire aux bois étrangers que j’aidécrits , je l’ai donné quand j’en ai été instruit ; maisje n’ai trouvé que de la confusion , dès descriptionsincomplètes , souvent fautives , quelquefois contra-dictoires, dans le peu de livres que j’ai été à portéede consulter. D’autre part, à Cayenne ou aux An-tilles , les coupeurs de bois ne sont guère plussavansque les maîtres de navire qui se chargent de leursbûches, et que les marchands qui nous les vendentsous des noms qu’on se voit forcé d’adopter jusqu’à cequ’il y ait une langue commune entre la botanique etle commerce, qui-soit entendue du public.