l62 DESCRIPTION
peut donner le nom de bois à la tige de cet arbre sin-gulier,dont la végétation ne ressembleà celle d’aucunde nos arbres d’Europe , et peut-être à celle d’aucunarbre du monde qui ne serait pas de la famille despalmiers.
La tige du dattier qui, dans les pays chauds, s’élèved’un diamètre toujours égal à une très-grande hau-teur , n’est qu’un composé de moelle et de fibres;mais ces fibres ne sont point des fibres ligneuses ; ellesne sont que le prolongement, au travers de la moelle,des fibres de la feuille. La moelle desséchée est grise ,et les fibres sont noires. Elles ont environ une demi-ligne de diamètre ; leur coupe ressemble à un crois-sant ou à une virgule.
Comme tous les ans il se forme de nouvelles feuillesau centre de la sommité de l’arbre, et. par conséquentde nouvelles fibres , celles-ci chassent du centre à lacirconférence les fibres anciennes, de sorte qu’ellessont incomparablement plus multipliées, et la moelleplus rare près de l’écorce que près du centre. Ainsi,à supposer qu’on puisse donner le nom de bois à l’amasde ces fibres , le bois qui touche à l’écorce est beau-coup plus vieux que le bois de l’intérieur.
Le côté de mon parallélipipède , de deux poucesd’équarrissage, qui était le plus près de l’écorce ,porte trois fois autant de fibres noires que de moellegrise , tandis que le côté opposé porte trois fois plusde moelle que de fibres. La tranche horizontale esttigrée.
Mon parallélipipède pèse à raison de Si livres i3onces 4 gros par pied cube.
LU. SATINÉ GRIS DE L’ILE DES TORTUES.
Il a beaucoup de rapport avec le noyer de la Gua-deloupe ( n°. XXXIX ) : tous deux ont le grain très-fin , de même que les fibres et les pores ; tous deuxsont satinés et chatoyans, mais ils diffèrent par la