6 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS,
nos forêts -, on n’a presque rien écrit encore sur lespropriétés économiques des arbres dont l’Amériqueseptentrionale nous a enrichis, et que nous avonsacclimatés. Leur bois cependant peut être employéavec avantage à une infinité de services auxquelsnous sacrifions des arbres indigènes plus tardifs , ouqui ne croissent, pour ainsi dire , que dans des ter-rains privilégiés.
Il est d’autant plus important aujourd’hui de mul-tiplier nos connaissances à cet égard , que nous tou-chons à la disette la plus désastreuse \ elle s’annonceavec trop de rigueur pour ne pas attirer l’attentiondes physiciens sur la nécessité prochaine de suppléerles bois de service qui vont disparaître , ou par desarbres exotiques dont la croissance est très-accélérée,tels que les peupliers de Virginie et de Caroline , lesplatanes d’occident, le pseudo-acacia, les noyersd’Amérique ; ou par des arbres qui soient encoremoins délicats que les nôtres sur la nature du terrain,tels que les cèdres et genévriers de Virginie, leVernis du Japon , le cyprès des marais de la Loui-siane , etc. (i).
(i) J’ai mesuré à Malesîierbes un platane de l’âge de vingt-cinq ans yplante dans un lieu très-humide et dans une terre légère ; il portait , a lafin de l’été 1791 , 67 pouces de tour à 3 pieds de terre ; sa tige , bienfilée , mais que je n’ai pas mesurée , m’a paru excéder 46 pieds. Le dia-mètre de cet arbre a cru moyennement de dix lignes trois quarts par an.
J’ai fait mention d’un platane situé près de la principale entrée de lachartreuse de Seillou , à un quart de lieue de Bourg ; il est planté dansune terre un peu moins humide , mais plus substantielle que le platane deMaleshcrbes : il portait , à l’âge de vingt-huit ans , 5 pieds 7 pouces detour , et avait grossi moyennement de neuf lignes et demie de diamètre paran. Ainsi la croissance du platane de Malesîierbes a été plus accélérée quecelle du platane dé Seillon , d’environ un huitième ; végétation qui tientdu prodige , lorsqu’on la compare à celle du chêne. Mais celle d’un peu-plier de la Caroline que j’ai vu pareillement à Malesîierbes , est encoreplus forte , puisqu’à vingt-quatre ans il portait yS pouces de tour , etqu’ainsi son diamètre avait cru de treize lignes et demie par année.
Duhamel estime qu’un balivc.au de chêne croit à raison de trois lignesde diamutie par an ; ainsi , à vingt-cinq ans , il 11’aurait , au bas du satige , que six pouces un quart de diamètre , dont le carré est égal à tvcnW -neuf pouces un huitième. Le platane de Malesherhes porte vingt-deux