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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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6 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS,

nos forêts -, on n’a presque rien écrit encore sur lespropriétés économiques des arbres dont l’Amériqueseptentrionale nous a enrichis, et que nous avonsacclimatés. Leur bois cependant peut être employéavec avantage à une infinité de services auxquelsnous sacrifions des arbres indigènes plus tardifs , ouqui ne croissent, pour ainsi dire , que dans des ter-rains privilégiés.

Il est d’autant plus important aujourd’hui de mul-tiplier nos connaissances à cet égard , que nous tou-chons à la disette la plus désastreuse \ elle s’annonceavec trop de rigueur pour ne pas attirer l’attentiondes physiciens sur la nécessité prochaine de suppléerles bois de service qui vont disparaître , ou par desarbres exotiques dont la croissance est très-accélérée,tels que les peupliers de Virginie et de Caroline , lesplatanes d’occident, le pseudo-acacia, les noyersd’Amérique ; ou par des arbres qui soient encoremoins délicats que les nôtres sur la nature du terrain,tels que les cèdres et genévriers de Virginie, leVernis du Japon , le cyprès des marais de la Loui-siane , etc. (i).

(i) J’ai mesuré à Malesîierbes un platane de l’âge de vingt-cinq ans yplante dans un lieu très-humide et dans une terre légère ; il portait , a lafin de l’été 1791 , 67 pouces de tour à 3 pieds de terre ; sa tige , bienfilée , mais que je n’ai pas mesurée , m’a paru excéder 46 pieds. Le dia-mètre de cet arbre a cru moyennement de dix lignes trois quarts par an.

J’ai fait mention d’un platane situé près de la principale entrée de lachartreuse de Seillou , à un quart de lieue de Bourg ; il est planté dansune terre un peu moins humide , mais plus substantielle que le platane deMaleshcrbes : il portait , à l’âge de vingt-huit ans , 5 pieds 7 pouces detour , et avait grossi moyennement de neuf lignes et demie de diamètre paran. Ainsi la croissance du platane de Malesîierbes a été plus accélérée quecelle du platane dé Seillon , d’environ un huitième ; végétation qui tientdu prodige , lorsqu’on la compare à celle du chêne. Mais celle d’un peu-plier de la Caroline que j’ai vu pareillement à Malesîierbes , est encoreplus forte , puisqu’à vingt-quatre ans il portait yS pouces de tour , etqu’ainsi son diamètre avait cru de treize lignes et demie par année.

Duhamel estime qu’un balivc.au de chêne croit à raison de trois lignesde diamutie par an ; ainsi , à vingt-cinq ans , il 11’aurait , au bas du satige , que six pouces un quart de diamètre , dont le carré est égal à tvcnW -neuf pouces un huitième. Le platane de Malesherhes porte vingt-deux