SECOND MÉMOIRE. 25
terrain crayeux et détestable , atteignaient la hauteurd’un charme ordinaire ; mais ils étaient fort anciens.
Il y a plusieurs espèces de chêne vert ; une, entreautres , dont le gland est doux et qu’on mange rôticomme la châtaigne. Cette espèce se trouve en Es-pagne , et l’Amérique septentrionale en fournit quijouissent du même avantage, et qu’il serait importantde multiplier en Europe .
Le bois de l’échantillon qui m’a été envoyé est d’unevraie beauté. Les éruptions transversales ne se diri-gent pas en droite ligne de la circonférence au centre ,comme dans la plupart des autres chênes; mais ellessont larges , rapprochées les unes des autres, inégaleset comme ondoyantes. Cette disposition rend les sur-faces oblongues du petit parallélipipède très-singu-lières, sur-tout celle dont la coupe suit la directiondes éruptions transversales. On y voit de grandesplaques irrégulières d’un brun fauve sur un fauveclair ; elles imitent le marbre , et sont plus luisanteset plus dures que le reste du bois. Sur les autres facesles fibres longitudinales, interrompues par les trans-versales , que j’ai déjà dit être ondoyantes , formentun large entrelas brun et gris que je n’ai encore ap-perçu que sur le chêne vert; son bois est fort dur,moins dur cependant que celui du cormier et du cor-nouiller.
L’arbre venait d’être coupé , lorsque j’en reçus unéchantillon en Février 1790; son bois pesait alors àraison de 84 livres 11 onces par pied cube. Le paral-lélipipède avait perdu un douzième de son volumeau mois d’Avril 1792 ; quand je l’ai fait réduire enparallélipipède de deux pouces d’équarrissage , il s’yétait ouvert beaucoup de lentes, moins cependant quedans le chêne de Provence . Il pèse aujourd’hui à rai-son de 69 livres 9 onces par pied cube , mais il n’estpas encore parvenu à son dernier degré de dessèche-ment.