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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MÉMOIRE. 25

terrain crayeux et détestable , atteignaient la hauteurd’un charme ordinaire ; mais ils étaient fort anciens.

Il y a plusieurs espèces de chêne vert ; une, entreautres , dont le gland est doux et qu’on mange rôticomme la châtaigne. Cette espèce se trouve en Es-pagne , et l’Amérique septentrionale en fournit quijouissent du même avantage, et qu’il serait importantde multiplier en Europe .

Le bois de l’échantillon qui m’a été envoyé est d’unevraie beauté. Les éruptions transversales ne se diri-gent pas en droite ligne de la circonférence au centre ,comme dans la plupart des autres chênes; mais ellessont larges , rapprochées les unes des autres, inégaleset comme ondoyantes. Cette disposition rend les sur-faces oblongues du petit parallélipipède très-singu-lières, sur-tout celle dont la coupe suit la directiondes éruptions transversales. On y voit de grandesplaques irrégulières d’un brun fauve sur un fauveclair ; elles imitent le marbre , et sont plus luisanteset plus dures que le reste du bois. Sur les autres facesles fibres longitudinales, interrompues par les trans-versales , que j’ai déjà dit être ondoyantes , formentun large entrelas brun et gris que je n’ai encore ap-perçu que sur le chêne vert; son bois est fort dur,moins dur cependant que celui du cormier et du cor-nouiller.

L’arbre venait d’être coupé , lorsque j’en reçus unéchantillon en Février 1790; son bois pesait alors àraison de 84 livres 11 onces par pied cube. Le paral-lélipipède avait perdu un douzième de son volumeau mois d’Avril 1792 ; quand je l’ai fait réduire enparallélipipède de deux pouces d’équarrissage , il s’yétait ouvert beaucoup de lentes, moins cependant quedans le chêne de Provence . Il pèse aujourd’hui à rai-son de 69 livres 9 onces par pied cube , mais il n’estpas encore parvenu à son dernier degré de dessèche-ment.