SECOND MÉMOIRE. ?9
5» vernis. Ce bois nous a para dur , ajoute-t-il, et il» pourrait être utile aux tabletiers et aux ébénistes ;» cependant nous ne voyons pas qu’ils en fassent» beaucoup d’usage ».
Les bois en général brunissent à l’air, mais, parcette raison même , ils acquièrent quelquefois de labeauté; tel que le bois d’amarante, l’if, le pêcher,et même le prunier, quoi qu’en ait dit Duhamel.Les ébénistes qui, dans quelques provinces, lui don-nent le nom de satiné de F rance , de satiné bâtard,l’emploient aujourd’hui plus fréquemment qu’ils nele faisaient sans doute du tems où Duhamel et l’au-teur de l’article Prunier dans l’Encyclopédie ontécrit. Ils n’y ajoutent pas d’autre vernis , pour enconserver la couleur, qu’un peu de cire blanchequ’ils frottent avec force ; elle avive la couleur dubois , et y donne du lustre et de l’éclat.
Le bois du prunier est dur, plein , compacte ; ilreçoit un beau poli.En quelque sens qu’on le prenne,il se coupe nettement sans se mâcher sous l’outil. Sesveines sont très-variées, chatoyantes , ondées de brunet d’un jaune rougeâtre. Quelquefois il est parseméde petites taches d’un rouge cerise qui rendrait cebois éclatant, si elles y étaient en plus grande abon-dance.
Plus l’arbre vieillit, mieux les teintes en sont pro-noncées. En tout c’est un fort beau bois , mais je lecrois sujet à se gercer.
Je n’avais pu donner que quatre pouces d’équar-rissage aux deux parallélipipèdes qui m’ont fourni lésn os . i et 2. Celui à fruit noir, n°. 2 , avait fait retraited’une ligne et demie sur chaque face , et à l’une deslaces il s’était fait une fente de deux lignes et demie-d’ouverture sur un pouce et demi de profondeur. Len°. i , à fruit blanc, a fait une semblable retraite ,et s’est fendu sur les deux faces opposées : l’une desfentes portait une ligne un quart d’ouverture et m*pouce et demi de profondeur; l’autre fente n’était