106 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS,
grosse ; i! ajoute que le terrain qui lui convient lemieux est une marne grasse. Duhamel assure qu’ilse plaît dans les terres qui ont beaucoup de joint ,plus légères que fortes , et un peu humides. Ces deuxcélébrés agriculteurs sont ici en opposition : rien neressemble moins à une terre légère qu’une marnegrasse.* J’estime qu’il tant au tilleul une terre subs-tantielle et fraîche . sans être humide. Dans les ter-rains très-légers des environs de Paris , il se dépouilleavant la fin du mois d’Aoutj dans nos terres argi-leuses il vient mal, plus mal encore sur le bord desrivières , lorsque ses racines atteignent le niveau deseaux. Les tilleuls languissaient depuis soixante anssur l’avenue de Bourg à Châles ; la plupart avaientpéri, lorsqu’on a substitué des peupliers d’Italie , quiy ont fait des prodiges en moins de quinze ans.
Le tilleul demande encore à être garanti des ventsd’ouest, sans quoi il est sujet à des chancres qui ledéfigurent et le font périr, j’ai constamment remar-qué qu’à cette exposition l’écorce en était rude etgercée , et que la rondeur de sa tige y était applalie.
SILIQUASTRUM TOURN.
ARBRE DE JUDÉE.
L’arbre de Judée , ou gaînier, mériterait qu’on enétendit la culture , à cause de la beauté de son bois,quand môme il ne ferait pas l’ornement des jardins parl’éclat de ses Heurs légumineuses et purpurines quinaissent par paquets sur ses branches , par l’agrémentde son feuillage auquel les insectes ne touchent ja-mais , et par sa docilité a se prêter aux formes qu’onveut lui donner. J’ai vu un arbre de Judée dans unassez petit jardin en Bourgogne, qui s’était élevé,en peu d’années , à près de vingt-cinq pieds , et dontle tronc avait au moins un pied de diamètre. Sa taille,devenue trop forte pour la place qu’il occupait , l’a