SECOND MÉMOIRE. 14.I
difficilement la transplantation (1); mais le chêne ysemble pins rebelle encore, et peut-être verrait-onplus d’avenues en châtaignier , si ses fleurs ne répan-daient pas une odeur insupportable.
Indépendamment des qualités qui lui sont com-munes avec le chêne , le châtaignier en possède quilui sont particulières , puisque sa croissance est plusaccélérée, et que son fruit est comestible.
Pourquoi, avec tant d’avantages, cet arbre, quicroît en Sicile , en Corse , en Italie, en Suisse , dansla plus grande partie des provinces de France , etjusqu’en Angleterre , est-il moins multiplié que lechêne? C’est, je crois , parce que le chêne se sou-divise en plus de vingt espèces différentes et très-distinctes ; de sorte que si l’une de ces espèces a dela peine à prospérer dans un lieu quelconque , ellepeut être avantageusement suppléée par une autreespèce à qui le sol conviendra mieux , et réciproque-ment. Le chêne croît sur les montagnes comme dansla plaine, dans l’argile de Bresse comme sur le sablede Fontainebleau , sur un terrain sec et sur un ter-rain très-humide ; mais ce ne sont point toutes lesespèces de chênes ; il s’en trouve constamment uneou deux qui y dominent. Au lieu qu’il n’existe qu’une
nomme le châtaignier des cent chevaux , parce que la tradition du paysporte qu’une reine de Sicile , pendant un orage , s’y réfugia et s’y mit àl’abri avec cent cavaliers de sa suite. Le tronc de cet arbre a cent soixantepieds de circonférence ; il est entièrement creux , et ne végète , pour ainsidire , que par son écorce. On trouve la figure et le plan de cet arbre mons-trueux dans la superbe édition du Voyage pittoresque de M. Houe] auxîles de Sicile , de Malte et de Lipari , tome H, page 79. À supposer quele diamètre de ce châtaignier ait augmenté annuellement de quatre lignes,il doit avoir plus de huit cents soixante ans.
(1) Cette difficulté à la reprise ne proviendrait-elle pas de ce qu’on noménage point assez leurs racines en les arrachant de la pépinière ? N’arri-verait-il pas aux racines du chêne , du châtaignier . et sur-tont à cellesdes arbres verts et résineux , ce que l’on a observé à Pégard du vieux boisde quelques arbres, tel que le pêcher? Peut-être est-il aussi rare qu’ils’établisse de nouveaux surgeons sur les racines anciennes de ces arbresdélicats à la reprise , qu’il est extraordinaire de voir s’élever un bourgeonsur le vieux bois d’uu pêcher*