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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MÉMOIRE. 14.I

difficilement la transplantation (1); mais le chêne ysemble pins rebelle encore, et peut-être verrait-onplus d’avenues en châtaignier , si ses fleurs ne répan-daient pas une odeur insupportable.

Indépendamment des qualités qui lui sont com-munes avec le chêne , le châtaignier en possède quilui sont particulières , puisque sa croissance est plusaccélérée, et que son fruit est comestible.

Pourquoi, avec tant d’avantages, cet arbre, quicroît en Sicile , en Corse , en Italie, en Suisse , dansla plus grande partie des provinces de France , etjusqu’en Angleterre , est-il moins multiplié que lechêne? C’est, je crois , parce que le chêne se sou-divise en plus de vingt espèces différentes et très-distinctes ; de sorte que si l’une de ces espèces a dela peine à prospérer dans un lieu quelconque , ellepeut être avantageusement suppléée par une autreespèce à qui le sol conviendra mieux , et réciproque-ment. Le chêne croît sur les montagnes comme dansla plaine, dans l’argile de Bresse comme sur le sablede Fontainebleau , sur un terrain sec et sur un ter-rain très-humide ; mais ce ne sont point toutes lesespèces de chênes ; il s’en trouve constamment uneou deux qui y dominent. Au lieu qu’il n’existe qu’une

nomme le châtaignier des cent chevaux , parce que la tradition du paysporte qu’une reine de Sicile , pendant un orage , s’y réfugia et s’y mit àl’abri avec cent cavaliers de sa suite. Le tronc de cet arbre a cent soixantepieds de circonférence ; il est entièrement creux , et ne végète , pour ainsidire , que par son écorce. On trouve la figure et le plan de cet arbre mons-trueux dans la superbe édition du Voyage pittoresque de M. Houe] auxîles de Sicile , de Malte et de Lipari , tome H, page 79. À supposer quele diamètre de ce châtaignier ait augmenté annuellement de quatre lignes,il doit avoir plus de huit cents soixante ans.

(1) Cette difficulté à la reprise ne proviendrait-elle pas de ce qu’on noménage point assez leurs racines en les arrachant de la pépinière ? N’arri-verait-il pas aux racines du chêne , du châtaignier . et sur-tont à cellesdes arbres verts et résineux , ce que l’on a observé à Pégard du vieux boisde quelques arbres, tel que le pêcher? Peut-être est-il aussi rare qu’ils’établisse de nouveaux surgeons sur les racines anciennes de ces arbresdélicats à la reprise , qu’il est extraordinaire de voir s’élever un bourgeonsur le vieux bois d’uu pêcher*