174 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS,
l’entrée au bétail; car comment le bois pourrait-ilse régénérer ?
Les pins n’ont pas , comme les sapins et comme lemélèze , une (lèche proprement dite. Tl en est du pincomme du chêne : pour (pie sa tige s’élauce , il Tantqu’il croisse un peu serré ; et comment pourrait-ilcroître serré dans un terrain détestable , tel que celuide la longue et triste montagne de Tarare ? Mais enmême tems les pins, ainsi que presque tous les arbresrésineux,ne repoussent jamais sursouche. Dès qu’unefois le terrain en est garni, ces arbres se ressèmentd’eux-mêmes, et s’étendent de proche en proche. I .esriverains doivent se garantir de cette accrue par desbornes, car ils risqueraient de perdre leur propriété,sans qu’il y eût aucune intention de la part du proprié-taire de la forêt de pin , sans même qu’il s’en up-percut.
Tl est hors de doute que le pin ne soit excellentpour la charpente; il est moins recherché que le sapinpour la menuiserie ; l’odeur pénétrante et forte qu’ilconserve pendant long-tems , en est vraisemblable-ment la cause. Mais les bois de charpente ont ren-chéri à un point qu’il est très-avantageux aux pro-priétaires de conserver et d’élever des pins pour lacharpente.
J’ai déjà observé que la croissance du pin étaitaccélérée, et qu'à en juger par mon échantillon , ilgrossissait d’un pouce par an. TJn pin de cent ans se-rait donc un très-gros arbre et d’environ huit, pieds detour. A la vérité il n’existe pas cent cinquante pinsde cette taille dans nu arpent, mais il en doit exis-ter , à mon avis , au moins cent cinquante de toutâge.
Supposons que le propriétaire d’un bois de pin dela contenance de vingt arpens se bornât à la vente an-nuelle de trente arbres choisis parmi les plus gros auprix de 24 liv. par arbre , je pense qu’il le peut a per-pétuité sans que son bois se détériore, s’il a soin d’en