second mémoire:
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'Application des principes établis dans ce Mémoireà la situation particulière de la ville de Bourgs relativement au bois de chauffage.
La consommation du bois de chauffage , dans laville de Bourg , excède évidemment la reproduction.Si l’on n’y fait pas la plus sérieuse attention , danspeu d’années le bois manquera tout-à-fait ; alors quedeviendra le pauvre peuple ?
Aucun des moyens qui concourront à mettre plusd’économie dans la consommation et plus d’ordredans la reproduction , ne doit donc être négligé.
Il est universellement connu qu’un ménage où l’onne se chauffera qu’avec du bois parfaitement sec , enconsommera beaucoup moins qu’un ménage absolu-ment semblable qui ne consommerait que du boisvert. On évalue assez communément cette différenceà près d’un quart; je ne la crois pas exagérée.
D’après les expériences que j’ai faites, il a falluà un parallélipipède de chêne de six pouces d’équar-rissage , isolé dans un lieu aéré et très-sec, cent huitjours, depuis le 27 Janvier jusqu’au 14 Mai 1787,pour qu’il perdît la moitié de son eau sévense , et qua-tre-vingt-trois jours de plus pour qu’il en perdît lestrois quarts.
Dans la même position , le hêtre et le charme ontperdu la moitié de leur eau dans l’espace de qua-rante-huit jours , les trois quarts en cent quarante-quatre ; et à l’époque du 3 Août, où il restait encoreau chêne le quart de la sienne , à peine le charme etle hêtre avaient-ils conservé un vingtième de la leur.
.11 11’esl donc pas étonnant que le chêne , renfermédans un lieu bas et peu aéré, tels que le sont ordinaire-ment les bûchers, y passe beaucoup de tems, etmême quelques années , avant de perdre assez deson eau surabondante pour donner un feu agréable,sur-tout s’il est conservé en grume et couvert de son