DISCOURS d’ouverture. a5
des revenus d’une famille nombreuse que l’onnomme un régiment ; vous concevrez sans peinecombien on serait loin d’administrer cette partiedes finances de l’Etat qu’on appelait les grandesniasses , ou ces petits capitaux du soldat qu on ap-pelle la masse de linge et chaussure , si l’on mé-connaissait le véritable esprit des réglemens , ense faisant l’intermédiaire passif e ntre le trésor pu-blic ou régimentaire, et les fournisseurs; en ache-tant au jour le jour, sans débats, sans discernementet sans choix, d’une main tierce et d’un premiervenu; en dépensant tout, consommant tout, ne con-servant rien, ne prévoyant rien , n’ayant aucuneressource en réalité, pas même en espérance, pourl’instant du besoin ; et en forçant le gouvernementa dépasser, au moindre événement, des allocationsdont il avait eu lieu de compter qu’on lui procure-rait quelque épargne. Telle famille se ruine par sesfolles dépenses; et telle autre, en se privant detout, se ruine faute d’ordre, de prévoyance etd’industrie : il en est ainsi d’un régiment.
Messieurs, vous sentiez sans doute la nécessitéde quelques connaissances en législation, et surce point un exemple vous était moins utile quesur ce qui concerne les procédés de l’administra-tion. Si j’ai bien rencontré, si l’exemple qui, surce dernier point, s’est présenté à mon esprit, com-mence à vous persuader, nous pourrions, passantdes petites choses aux grandes , étendre la conclu-sion aux affaires majeures qui intéressent d’unemanière plus frappante la fortune et la prospérité