2Ô DISCOURS D’OUVERTURE.
publiques. Mais en s’élevant à cette hauteur, onest forcé d’avouer que ces connaissances ne sontplus autant votre fait : c’est plutôt la part del’économie politique, la part des administrateurs;c’est à eux aussi que l’Etat demandera compte deses millions, comme il vous demandera comptede ses soldats et de ses frontières. C’est aussi plusspécialement sous le rapport des succès dans laguerre, que sous celui du meilleur emploi possiblede la fortune publique, que les hautes spécula-tions administratives entreront dans nos recher-ches. Quoi qu’il en soit, des connaissances en ad-ministration, partie essentielle de la science de voschefs, vous seront utiles à vous-mêmes dès votredébut dans la carrière, et vous deviendront deplus en plus nécessaires, à mesure que vous vouséleverez davantage.
Il y a probablement, parmi ceux qui m’écoutent,des hommes à qui la nature et une forte éduca-tion première ont départi ces rares faveurs quisemblent les dispenser des études spéciales. Nousavons vu de jeunes généraux, de jeunes adminis-trateurs s’élancer au premier rang, et s’y main-tenir sans le secours de ces études ; vous êtes lesenfans du même pays, les fils des mêmes familles :mais défions-nous des prodiges; les Thémistocles sont rares (i).‘ il vaut mieux compter sur le tra-vail que sur les dons de la fortune ; les études sont