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Tome premier.
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104 COMPOSITION DE I.’aRMÉE .

cet usage constant de rappeler aux guerriers lamémoire des belles actions de leurs prédécesseursla gloire de leur pays, de leurs armes, de leurbannière , l’orgueil du vaisseau qui les porte , oudu champ sur lequel ils combattent.

Pour perpétuer ces souvenirs , on a employédifférons moyens.

Les chants et les poèmes sont les plus anciens mo-numens des peuples ; et les noms d’une multitudede guerriers sont venus jusqu’à nous par la bouchedespoètes. A mesure que des relations plus fréquenttes unirent les peuples entre eux, les besoins se muhtiplièrent, les sciences et les arts se formèrent, lemerveilleux se dissipa ; on fut avide du récit desfaits, mais on voulut qu’ils fussent vraisemblables,puis, qu’ils fussent vrais, et l’histoire prit naissance.Dès-lorsles poètes, commeTyrtée, se bornèrent à ex-citer les guerriersau combat,et la plupart des grandsrois ou des grands capitaines eurent leurs historio-graphes ; mais les historiographes furent rarementdes historiens : il fallut donc livrer les matériauxde l’histoire aux méditations des sages, et l’on ins-titua des archives militaires, où se trouvaient re-cueillis les cartes, les plans , les dessins des ma-chines, les journaux , les mémoires, les relations.A l’aide de ces précieux documens on écrivit l’his-toire.

En France , le lieu de ces archives s’appela lecabinet topographique du roi, parce que Louis XIV ,qui avait l’heureuse inspiration de tout ce qui chezles autres est le résultat de longues études, s’enten-