COMPOSITION DE L’ARMÉE. io3
tratif; cela éviterait aux soldats, après une jour-née de voyage, la peine de chercher de rue enrue les différentes autorités militaires. Il n’y a pres-que aucune garnison qui possède un terrain demanœuvre, si ce n’est l’artillerie ; les magasins devivres ne sont pas partout en rapport avec les be-soins, eu égard aux approvisionnemens nécessairespour les grandes garnisons et les rassemblemens•de troupes ; il s’en faut peut-être bien davantageencore que ce qui existe soit dans un état conve-nable d’entretien. Je ne croirais pas même trophasarder, en affirmant que, faute de quelques mil-lions dépensés à propos, la France est au momentde voir périr le capital immense de ses établisse-mens militaires et de ses fortifications. Les dé-penses que l’on fait annuellement pour l’entretiensont désormais des dépenses perdues ; les fondssuffisent à peine à étayer ce qui s’écroule, et noussommes arrivés au point qu’il faut se hâter de toutrelever, si l’on ne veut s’exposer à tout perdre.
Je termine les explications que pouvait exigerle tableau des établissemens, par une notice sur ledépôt de la guerre. Ce dépôt me parait avoir pourobjet de perpétuer les souvenirs, et de former lessuccesseurs à l’école des devanciers.
Les grands souvenirs agissent avec une puis-sance presque inconcevable sur l’esprit humain.Quelle émulation n’excite pas la mémoire des hom-mes qui nous ont précédés dans la carrière, et lerenom de leurs vertus ou de leurs exploits ! Aussivoit-on dans tous les temps , dans tous les pays,