DES UVSTITTTTIOJYS MILITAIRES. I]5
moins rapidement tous les âges de la vie des états.
L’histoire de plusieurs autres peuples anciensmériterait sans doute aussi de fixer nos regards.Pourquoi faut-il que la valeur et la gloire des vain-cus périssent dans une journée, soient perduespour la postérité? Les Carthaginois, qui'ont si fortreculé les bornes de l’art militaire, dans un grandnombre de campagnes fameuses en Espagne , enAfrique , et durant seize années consécutives devictoires en Italie , n’arrivent point jusqu’à nous ,grands, immenses(i), comme ceux dont la chutede Carthage a si fort rehaussé la grandeur ; aucunCarthaginois n’a survécu pour relever la mémoirede son pays, pour sauver ses compatriotes de l’ou-bli , et le seul orgueil des vainqueurs exhume en-core le nom de ce peuple enseveli avec sa gloiredans les champs de Zaraa.
Les états de la Sicile, les peuples de l’Italie ,les Latins, les Toscans et ces intrépides Samnites;les républiques de la Grèce , la ligue des Achéens,si digne d’un meilleur sort ; ce petit pays des Éto-liens, pépinière de guerriers que leur défaite fitqualifier, comme les compagnons de Spartacus, derévoltés et de brigands ; et ces derniers Grecs, par-ticulièrement les Rhodiens , dont le dernier effortpour la liberté, appelé la guerre des pirates, oc-cupa toutes les forces de Rome : tous ces peuplesne seraient point venus jusqu’à nous si leurs noms
(i) Ingéniés.