Il6 DES INSTITUTIONS MILITAIRES.
et leurs exploits n’eussent pareillement orné letriomphe du vainqueur. Pour la plupart des hom-mes , aucun de ces peuples anéantis n’a illustréson pays, et la gloire des grands états de la Grèce ne subsiste encore parmi nous qu’appuyée sur lestrophées de Marathon , de Salamine , de Platée.La victoire d’Arbelles et l’empire de l’Orient nenous disent plus rien pour les Grecs asservis ;Alexandre lui seul s’élève, grand , majestueux:nous voyons Alexandre et nous n’apercevons plusles Grecs ; mais leur histoire reste, et peut nousfournir d’utiles leçons.
Négligeons les temps fabuleux, les temps incer-tains , et prenons l'histoire de la Grèce à l’époquede la liberté d’Athènes : jusque là , rien ne parlede la guerre d’une manière satisfaisante ; car, quoi-que Sparte eût été, depuis long-temps, l’arbitre dela Grèce , et qu’elle eût soutenu deux guerres deplus de vingt ans contre les Messéniens ; quoiqu’A-thènes eût tenu, dans la confédération grecque,un rang fort distingué, surtout depuis Solon , lesinstitutions militaires se font à peine apercevoirchez les Grecs avant la guerre médique.
Les Athéniens, dont le gouvernement avait étébeaucoup plus variable que celui des Lacédémo-niens, avaient eu probablement plus d’une foisdes troupes réglées , notamment durant la tyran-nie; aussi étaient-ils plus instruits, plus tacticiensque les Lacédémoniens, comme on le voit à la ba-taille de Platée ; mais, n’ayant rien conservé de lamilice de Pisistrate , à l’arrivée des Perses , ils se